La compagnie Transavia, filiale du groupe Air France – KLM, intensifie sa présence vers Dakhla, au Sahara occidental occupé. Cette décision de renforcer ses liaisons aériennes est largement interprétée comme un appui à la colonisation illégale de ce territoire par le Maroc.
D’après des informations relayées par la presse spécialisée dans l’aérien, le transporteur a scellé un partenariat avec l’Office national marocain du tourisme (ONMT). L’accord prévoit de faire passer à trois rotations hebdomadaires les liaisons directes Paris-Orly – Ouarzazate et Paris-Orly – Dakhla durant toute la saison estivale 2026, avec l’ambition de conserver ce rythme pendant l’hiver.
Transavia augmente ses vols vers Dakhla au Sahara occidental occupé
Concrètement, la ligne reliant Paris à Dakhla proposera désormais trois vols directs par semaine, programmés les lundi, mercredi et vendredi. L’organisme touristique marocain présente cette montée en cadence comme la preuve de la confiance placée par la compagnie dans l’attractivité des destinations qu’il promeut.
Derrière l’argument de la relance touristique, Rabat poursuit une stratégie bien plus large. Le royaume tente de renforcer son emprise sur un territoire qu’il contrôle par la force depuis plus de cinquante ans, cherchant à normaliser une occupation qui reste contestée sur la scène internationale.
Un désert aérien pour le territoire occupé
La grande majorité des transporteurs mondiaux évitent soigneusement de desservir le Sahara occidental occupé. À ce jour, seules trois compagnies étrangères assurent des liaisons, par ailleurs très restreintes, vers les aéroports de Laâyoune et de Dakhla.
Il s’agit de Transavia, de l’espagnole Binter Canarias et de l’irlandaise Ryanair. Ce quasi-isolement aérien illustre la prudence de l’aviation civile internationale face à un territoire dont le statut demeure juridiquement indéterminé.
Le Parlement européen écarte le Sahara occidental de l’accord aérien avec le Maroc
L’annonce de Transavia intervient à contretemps d’une évolution majeure sur le plan européen. Quelques jours plus tôt, le Parlement européen a en effet adopté une résolution qui vient modifier l’accord relatif aux services aériens entre l’Union européenne et le Maroc.
Validé le 8 juillet, ce texte exclut explicitement le Sahara occidental du périmètre de l’accord. Cette décision s’aligne sur la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui qualifie systématiquement ce territoire de zone « séparée » et « distincte » du royaume marocain.
Une reconnaissance juridique du statut distinct du territoire
Pour les représentants sahraouis, cette résolution constitue une avancée symbolique et politique. En restreignant l’accord aux seules frontières du Maroc reconnues à l’échelle internationale, l’institution européenne réaffirme que le Sahara occidental échappe à toute souveraineté marocaine.
« En limitant strictement le traité aux frontières internationalement reconnues du Maroc, le Parlement européen a réaffirmé que le Sahara occidental est un territoire distinct et séparé sur lequel Rabat n’exerce aucun mandat administratif ou souverain », a souligné Oubi Buchraya Bachir, président du groupe de travail sahraoui consacré aux ressources naturelles et aux questions juridiques associées.
Le renforcement des vols de Transavia vers Dakhla met ainsi en lumière une contradiction frappante entre les initiatives commerciales de certains acteurs privés et les positions des institutions internationales. Alors que le droit européen consacre le caractère distinct du Sahara occidental, ces dessertes aériennes continuent d’alimenter un débat qui reste au cœur des tensions régionales au Maghreb.