En Tunisie, la canicule et les coupures d’électricité transforment les vacances d’été en épreuve pour de nombreux voyageurs. Bloqués dans des hôtels privés de climatisation et d’eau courante, les touristes découvrent un séjour bien loin du repos espéré, notamment sur l’île de Djerba.
Depuis le 15 juillet, le pays subit des températures qui franchissent régulièrement les 40 °C dans plusieurs zones touristiques. Ces vagues de chaleur s’accompagnent de pannes de courant à répétition. Si les habitants sont les premiers concernés, les vacanciers étrangers en paient aussi le prix fort.
Canicule en Tunisie : des touristes sans climatisation ni eau courante
Privés d’alimentation électrique pendant plusieurs heures, de nombreux vacanciers se retrouvent dans des établissements sans climatisation. Le problème le plus critique reste toutefois l’absence d’eau courante, les pompes cessant de fonctionner dès la coupure du réseau.
Maria, venue du Luxembourg pour séjourner à Djerba, décrit une situation éprouvante. Selon elle, l’île connaît chaque jour trois interruptions d’électricité et d’eau, d’environ deux heures. La chaleur, précise-t-elle, atteint parfois près de 50 °C dans certaines localités du pays.
Dans sa résidence, les coupures suivent un rythme précis : de 15h10 à 17h50, puis de 21h50 à minuit, et enfin de 2h à 5h du matin. Pour pallier le manque d’eau, un petit tracteur circule en permanence afin d’en distribuer aux résidents privés d’approvisionnement.
La touriste évoque également une ruée sur les packs d’eau dans les commerces. Conséquence directe de cette forte demande : les prix des bouteilles s’envolent dans les magasins d’alimentation, aggravant encore le quotidien des vacanciers.
Un appel à la vigilance des compagnies aériennes
Le compagnon de Maria estime que les coupures d’électricité de cet été revêtent un caractère exceptionnel. Il juge que les transporteurs, à l’image de Luxair, devraient informer clairement leurs passagers de la situation avant leur départ vers la Tunisie.
Il insiste particulièrement sur la nécessité de prévenir les publics les plus fragiles. Les personnes âgées comme les familles voyageant avec de jeunes enfants sont, selon lui, exposées à de réels risques dans ces conditions climatiques extrêmes.
« On suffoque à Djerba » : le ras-le-bol des vacanciers
Pour économiser le peu de fraîcheur disponible, certains occupants adoptent des stratégies improvisées. Beaucoup gardent portes et fenêtres fermées durant les coupures afin de conserver l’air rafraîchi diffusé par les climatiseurs avant l’interruption.
Sur les réseaux sociaux, la colère monte. Un touriste a publié un message alarmant sur Facebook, affirmant que l’on « étouffe à Djerba ». Il décrit des coupures quotidiennes et une situation devenue tout simplement invivable pour les vacanciers.
Selon lui, la chaleur écrasante se double d’un taux d’humidité supérieur à 70 %, alors même que la climatisation ne fonctionne plus. Ces conditions, dénonce-t-il, sont maintenues sans aucune solution proposée aux résidents des hôtels concernés.
Des conséquences sanitaires et matérielles
Les répercussions de ces coupures dépassent le simple inconfort. Le même internaute rapporte des crises respiratoires liées à la chaleur, ainsi que la détérioration des aliments stockés dans les réfrigérateurs devenus inutilisables.
Sa déception est totale. Il dénonce un service « catastrophique » facturé au prix fort et affirme regretter d’avoir choisi cette destination. L’an prochain, assure-t-il, il envisage clairement de passer ses vacances ailleurs.
Des coupures d’électricité programmées par la STEG
Ce phénomène ne se limite pas à Djerba : il touche de nombreuses régions du territoire tunisien. La Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG) a officiellement annoncé la mise en place de coupures périodiques à compter du 18 juillet.
L’objectif affiché par l’opérateur national est de préserver l’équilibre du réseau électrique, soumis à une pression inédite. La forte demande met en effet en danger la stabilité de l’ensemble du système d’approvisionnement du pays.
Cette tension s’explique directement par la vague de chaleur qui frappe la Tunisie. Poussée par l’usage massif de la climatisation, la consommation d’électricité a atteint des niveaux records, dépassant les capacités habituelles du réseau national.
Entre canicule persistante et coupures répétées, la saison touristique tunisienne traverse une période délicate. La gestion de ces épisodes climatiques extrêmes pourrait peser sur l’image du pays auprès des voyageurs étrangers dans les mois à venir.