La question des visas français en Algérie revient au cœur de l’actualité diplomatique. Depuis un an, sur fond de crise entre Paris et Alger, le nombre de visas délivrés aux ressortissants algériens s’est effondré. Les récentes déclarations de l’ambassadeur de France en Algérie ont ravivé le débat, provoquant un vif tollé dans l’Hexagone.
Des visas français devenus rares pour les Algériens
Depuis douze mois, décrocher un visa pour la France relève du parcours du combattant côté algérien. Les tensions politiques entre les deux capitales ont directement pesé sur la délivrance des documents de voyage.
Dans les centres Capago Algérie, seul prestataire agréé des consulats français, les rendez-vous pour un visa Schengen se font extrêmement rares. Les créneaux disponibles sont accordés au compte-goutte, laissant de nombreux demandeurs sans solution.
Même les voyageurs les plus réguliers en subissent les conséquences. Ceux qui répondent à tous les critères et disposaient déjà de visas par le passé peinent aujourd’hui à obtenir le fameux document. Quant aux primo-demandeurs, leurs chances frôlent le néant.
Les annonces de l’ambassadeur de France à Alger sur les visas
La situation pourrait toutefois évoluer dans les prochains mois. Depuis février dernier, le climat entre les deux pays s’est apaisé et le dialogue reprend progressivement son cours.
La coopération consulaire redémarre peu à peu, une évolution qui devrait mécaniquement se traduire par une hausse du nombre de visas accordés aux Algériens. Un signe d’apaisement attendu de longue date par les demandeurs.
Un retour aux volumes d’avant la crise diplomatique
Sur ce dossier, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, affiche un optimisme mesuré. Il évoque l’ambition de renouer avec les chiffres antérieurs à la brouille diplomatique.
Avant la crise, la France délivrait en moyenne 250 000 visas chaque année aux ressortissants algériens, un volume qui a depuis fortement diminué.
« Avant la crise, nous en délivrions à peu près 250 000 par an. Ce chiffre a chuté, et notre objectif c’est de faire en sorte […] que ce chiffre puisse redémarrer à la hausse et revenir probablement au niveau qui était celui antérieur à la crise », a détaillé le diplomate dans un entretien accordé le mercredi 15 juillet.
Une vague de réactions hostiles en France
Les propos du diplomate n’ont pas tardé à faire réagir en France. Ils ont soulevé une vague de critiques, particulièrement du côté des formations de droite et d’extrême droite.
Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur et candidat des Républicains pour la présidentielle de 2027, a été l’un des premiers à monter au créneau. « Quelle tristesse de voir notre diplomatie contrainte de courber la tête à cause des renoncements du président de la République devant le régime algérien », a-t-il déploré.
Un traitement médiatique orienté
Plusieurs médias proches de cette sensibilité politique ont également accueilli les déclarations avec sévérité. Certains titres ont mis en avant l’objectif chiffré de la France en matière de visas algériens.
« La France souhaite de nouveau délivrer 250 000 visas par an aux ressortissants algériens », a ainsi choisi de titrer Le Figaro. Un angle réducteur, alors que la question des visas ne constituait nullement le sujet central de l’entretien accordé par l’ambassadeur.
De leur côté, plusieurs médias du groupe Bolloré ont insisté sur la présence de sans-papiers algériens en France pour contester les propos du représentant français à Alger.
Entre volonté d’apaisement diplomatique et crispations politiques internes, le dossier des visas français reste hautement sensible. La normalisation espérée par l’ambassadeur devra composer avec un climat électoral tendu, où la question migratoire s’invite déjà dans les débats de 2027.
