Cinq ans après ses premières révélations, le scandale d’espionnage Pegasus refait surface avec de nouvelles informations sur cette vaste opération de surveillance attribuée aux services marocains. Utilisé grâce au logiciel espion développé par une société israélienne, ce dispositif aurait visé plusieurs personnalités algériennes en Espagne, dont une ancienne ambassadrice à Madrid.
Le scandale Pegasus relancé par de nouvelles révélations
Plusieurs médias internationaux reviennent aujourd’hui sur l’affaire Pegasus, ce programme de surveillance qui avait déclenché une onde de choc mondiale en juillet 2021. Les nouvelles données publiées apportent un éclairage inédit sur l’ampleur réelle des interceptions menées.
Des éléments récents pointent directement la responsabilité des appareils sécuritaires marocains dans cette campagne d’écoutes. La DGST, service de renseignement intérieur du royaume, ainsi que les services de renseignement extérieurs, sont explicitement mis en cause dans ces travaux journalistiques.
Un quotidien espagnol, membre du consortium de seize rédactions internationales à l’origine des révélations initiales, a dévoilé des chiffres précis. Ces données mesurent l’étendue de l’opération et identifient plusieurs cibles installées sur le territoire ibérique.
Des chiffres qui mesurent l’ampleur de la surveillance
Selon les informations rendues publiques, pas moins de 768 tentatives d’intrusion informatique ont été recensées en Espagne. Elles ont concerné environ 250 téléphones portables entre mai 2018 et juin 2019.
La journée du 16 mars 2019 marque un pic sans précédent dans cette campagne d’espionnage. Ce jour-là, 106 attaques distinctes ont été enregistrées en l’espace de vingt-quatre heures seulement.
L’ambassadrice d’Algérie à Madrid visée par les services marocains
Le dispositif Pegasus n’a pas seulement ciblé des journalistes et des opposants marocains. Il a également touché des reporters, des diplomates et des responsables politiques étrangers de premier plan.
Parmi les noms les plus retentissants figurent le président français Emmanuel Macron et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez. Ces révélations confirment la dimension internationale de cette opération de renseignement.
Sur le sol espagnol, la majorité des appareils infiltrés appartenaient à des ressortissants marocains et à des militants sahraouis résidant dans le pays. Des téléphones détenus par des Algériens et des Espagnols ont aussi été repérés, dont celui d’un colonel de la Guardia Civil.
Des diplomates algériens dans le viseur de la DGST
L’Algérie occupait une place notable dans la liste des cibles de cette surveillance. Les enquêteurs révèlent quels ressortissants algériens ont fait l’objet d’une interception sur le territoire espagnol.
D’après les informations publiées, plusieurs diplomates algériens accrédités en Espagne à la fin de la décennie précédente apparaissent dans les fichiers de la DGST marocaine. Cette présence confirme l’intérêt particulier des services du royaume pour la représentation algérienne.
La figure la plus notable parmi ces cibles reste Taous Feroukhi. Cette diplomate a occupé le poste d’ambassadrice d’Algérie à Madrid jusqu’à la fin de l’année 2019, période coïncidant avec les interceptions signalées.
Une opération d’espionnage aux ramifications multiples
Cette campagne de surveillance a touché des milliers d’appareils répartis dans de nombreux pays. Le logiciel espion permettait d’accéder aux messages, aux appels et aux données personnelles des personnes visées sans leur consentement.
L’Algérie a régulièrement été présentée comme l’un des États les plus concernés par ces interceptions. Cette position illustre les tensions persistantes entre Alger et Rabat, dont les relations diplomatiques restent marquées par une profonde méfiance.
Il convient toutefois de préciser que les dernières révélations concernent uniquement les attaques confirmées sur le territoire espagnol. L’ensemble des cibles algériennes recensées dans le cadre global de l’opération Pegasus demeure bien plus vaste.
Un dossier qui continue d’alimenter les tensions régionales
Ces nouvelles données renforcent les soupçons pesant sur les services marocains dans l’affaire Pegasus. Elles apportent des preuves supplémentaires quant à l’utilisation du logiciel espion contre des figures diplomatiques et politiques.
Le ciblage d’une ancienne ambassadrice d’Algérie à Madrid illustre la portée de cette opération de renseignement au cœur de l’Europe. Ce dossier reste un point de crispation majeur dans les relations tendues entre les deux voisins maghrébins.
