La production de pétrole en Algérie confirme sa dynamique haussière et s’approche d’un cap historique. D’après le dernier rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), publié le lundi 13 juillet, le pays a relevé son extraction de 5 000 barils par jour au mois de juin 2026. Ce mouvement porte le niveau national à son point culminant depuis plus de trois ans.
Concrètement, l’Algérie a extrait 987 000 barils quotidiens en juin, contre 982 000 barils le mois précédent. Cette progression modeste mais significative rapproche le pays du seuil symbolique du million de barils par jour, une barre qu’il n’avait plus franchie depuis longtemps.
Il faut en effet remonter à avril 2023 pour retrouver un tel volume, lorsque la production algérienne avait atteint 1,01 million de barils quotidiens. Le chiffre de juin reste toutefois légèrement en dessous du quota fixé par l’Opep+, établi à 989 000 barils par jour pour la période. Cette évolution illustre la reprise graduelle prévue par l’accord liant les membres de l’alliance.
La production de pétrole algérienne portée par la stratégie de l’Opep+
La hausse observée à Alger s’inscrit dans le plan d’ensemble de l’Opep+, qui vise à lever progressivement les réductions volontaires décidées ces dernières années. Ces coupes avaient été mises en place pour soutenir les cours du brut sur un marché fragilisé.
À l’échelle de l’alliance, la production totale a bondi en juin pour atteindre 36,27 millions de barils par jour, contre 33,27 millions un mois plus tôt. Les seuls pays membres de l’Opep ont, pour leur part, extrait environ 22 millions de barils quotidiens sur la période.
Des ajustements variables selon les grands producteurs
Parmi les acteurs majeurs du secteur, les Émirats arabes unis ont signé la plus forte augmentation de leurs volumes. Le Koweït et l’Irak ont eux aussi renforcé leur cadence de production au cours du mois écoulé.
À rebours de cette tendance, l’Arabie saoudite et la Russie ont légèrement rogné leurs extractions. Ces mouvements contrastés reflètent la gestion prudente de l’offre au sein de l’alliance, soucieuse de préserver l’équilibre des prix.
Vers un million de barils quotidiens dès le mois d’août
Les perspectives fixées par l’Opep se révèlent favorables pour l’Algérie. Le quota accordé au pays devrait grimper à 995 000 barils par jour en juillet, avant une nouvelle révision à la hausse programmée pour août.
Si ce calendrier est tenu, la production de pétrole en Algérie pourrait franchir le seuil du million de barils quotidiens dès le mois d’août. Un tel palier n’avait plus été enregistré depuis plus de trois ans, ce qui marquerait un tournant symbolique pour le secteur.
Une aubaine pour Sonatrach et les recettes en devises
Pour le groupe public Sonatrach, cette montée en régime constitue une occasion à saisir. Un accroissement des volumes destinés à l’exportation pourrait consolider les rentrées de devises étrangères, indispensables à l’équilibre financier du pays.
Les hydrocarbures demeurent en effet le pilier central des exportations algériennes et une source majeure de revenus pour les caisses de l’État. Toute amélioration de la production pèse donc directement sur la santé économique nationale.
Un signal encourageant pour l’économie algérienne
Cette remontée survient dans un environnement où le marché mondial reste dicté par les arbitrages de l’Opep+ et par les fluctuations de la demande internationale. L’Algérie parvient à concilier le respect de ses engagements avec une progression maîtrisée de ses volumes.
En tenant ce cap, le pays renforce son poids au sein de l’alliance des producteurs. Si les cours du brut restent orientés à un niveau porteur, cette trajectoire pourrait se traduire par des recettes pétrolières en hausse et un surplus de marges pour financer les investissements publics et l’appareil productif.
Avec une production frôlant désormais le million de barils par jour, le secteur énergétique algérien affiche des performances inédites depuis 2023. Cette reprise pourrait annoncer une période plus favorable pour les finances du pays, à condition que la stabilité des prix mondiaux se confirme dans les mois à venir.
