L’allocation touristique de 750 euros connaît un tournant majeur en Algérie. La Banque d’Algérie a rendu publique, le lundi 13 juillet 2026, une nouvelle instruction qui redéfinit les règles d’attribution du droit de change destiné aux voyages à l’étranger. Applicable à partir du 19 juillet 2026, ce texte modifie en profondeur les modalités d’octroi de cette allocation pour les résidents algériens.
À travers l’instruction n°07-2026, l’institution monétaire impose désormais que ce droit de change soit délivré via une carte de paiement internationale, ou une carte de paiement internationale dédiée. Cette orientation découle directement des directives présidentielles formulées par Abdelmadjid Tebboune lors du Conseil des ministres tenu le dimanche 12 juillet 2026. Le chef de l’État a exigé que la somme de 750 euros soit désormais versée uniquement par voie bancaire.
Le communiqué du Conseil des ministres justifie cette décision par la constatation de « violations graves » à l’origine d’une véritable « hémorragie de devises ». À titre transitoire, les autorités ont donc tranché : l’accès à cette allocation passera par la carte bancaire, et non plus par des espèces, afin de mettre un frein aux dérives observées.
Comment obtenir la carte bancaire liée à l’allocation touristique
La carte de paiement internationale est délivrée par une banque intermédiaire agréée, exclusivement au nom de la personne qui en fait la demande. Son usage reste strictement personnel. Toute cession, mise à disposition ou utilisation par un tiers est formellement prohibée.
Le voyageur doit introduire sa demande d’émission de carte auprès d’un établissement bancaire habilité, en amont de son déplacement. La durée de validité de ce moyen de paiement est fixée à trois années au minimum. Son émission reste conditionnée à l’ouverture d’un compte en devises au nom du bénéficiaire, au sein de la banque agréée.
Les justificatifs et délais à respecter
Le titulaire doit également disposer d’un compte bancaire libellé en monnaie nationale. Il lui revient de régler la contre-valeur en dinars algériens, uniquement par un moyen de paiement scriptural, dans un délai maximum de sept jours ouvrables avant le départ.
Ce versement s’accompagne de plusieurs pièces justificatives : un billet d’avion aller-retour, un passeport en cours de validité accompagné de sa copie, une copie du visa si nécessaire, ainsi qu’un document attestant des revenus du demandeur.
Les restrictions encadrant l’usage du droit de change
Les fonds chargés sur la carte ne peuvent servir qu’à des transactions réalisées hors du territoire national, en cohérence avec la finalité pour laquelle ils ont été accordés. Dès le 8 août 2025, la Banque d’Algérie avait déjà mis en garde contre tout détournement du montant alloué.
Cette précision faisait suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, de contenus vantant des séjours organisés à l’étranger. L’instruction n°05-2025 proscrit clairement toute manœuvre visant à détourner l’usage de cette somme. Considérée comme un droit strictement personnel, celle-ci ne saurait être transférée à une tierce personne, sous peine de sanctions judiciaires.
Montants de l’allocation touristique et conditions selon l’âge
Le plafond annuel du droit de change s’établit à 750 euros pour les personnes âgées de dix-neuf ans et plus. Les jeunes voyageurs, âgés de douze à moins de dix-neuf ans, bénéficient quant à eux d’une enveloppe de 300 euros. Dans tous les cas, la durée du séjour à l’étranger doit atteindre au minimum sept jours.
Le règlement de la contre-valeur en dinars doit intervenir dans un délai maximal de trois jours ouvrables avant la date du départ, auprès des guichets de la Banque d’Algérie ou des agences bancaires partenaires. Le bénéficiaire présentera alors un billet d’avion aller-retour, un passeport valide et sa copie, ainsi qu’une copie du visa le cas échéant.
Banques habilitées et sanctions en cas de manquement
Douze établissements bancaires, publics comme privés, sont aujourd’hui autorisés à délivrer ce droit de change aux résidents. Les demandeurs doivent se présenter dans leurs agences pour engager les formalités requises. Un citoyen peut par ailleurs accomplir ces démarches pour son conjoint ou ses ayants droit, à condition de fournir un livret de famille.
Les voyageurs dont le séjour à l’étranger n’a pas dépassé sept jours sont tenus de restituer la somme perçue dans un délai de cinq jours ouvrables. La même obligation s’applique en cas d’annulation du voyage. Le non-respect de ces règles expose le contrevenant à une suspension de son droit de change durant cinq ans, ainsi qu’à d’éventuelles poursuites judiciaires.
Avec cette réforme, l’Algérie affiche sa volonté de mieux contrôler les sorties de devises tout en maintenant un dispositif d’aide au voyage. Reste à observer comment les résidents s’approprieront ce nouveau système de paiement dématérialisé dans les mois à venir.