Confrontée au refus catégorique de son sélectionneur de rompre son contrat, la Fédération algérienne de football (FAF) a décidé de changer de méthode. L’instance dirigeante active désormais un plan B destiné à pousser Vladimir Petkovic vers la sortie, sans avoir à débourser les indemnités liées à un licenciement classique. Selon les informations recueillies auprès d’une source proche du dossier, l’objectif consiste à isoler progressivement le technicien suisse jusqu’à ce qu’il claque lui-même la porte.
Une stratégie de la FAF déployée en deux temps
Depuis la sortie des Fennecs au deuxième tour des barrages de la Coupe du monde 2026, battus par la Suisse (0-2), la contestation autour de Vladimir Petkovic ne faiblit pas. Supporters et médias réclament d’une même voix le départ du sélectionneur.
Le problème reste entier pour la fédération. Âgé de 62 ans, le coach helvète s’oppose fermement à toute résiliation à l’amiable de son engagement. Ce blocage a contraint les responsables algériens à revoir entièrement leur feuille de route.
La première offensive a consisté à réactiver une clause jusqu’ici laissée de côté. Ce dispositif impose au technicien de résider en Algérie au minimum trois semaines par mois. Longtemps tolérée par la FAF elle-même, cette obligation a été rétablie par la voie légale dès que les discussions ont échoué.
Le staff européen dans le viseur
La seconde étape, en cours de préparation, vise le cœur de l’encadrement technique. La fédération envisage de se séparer des trois collaborateurs étrangers qui entourent le sélectionneur au quotidien.
Sont concernés l’adjoint Davide Morani, le préparateur physique Paolo Rongoni et l’entraîneur des gardiens Guido Nani. Contrairement à Petkovic, leurs contrats peuvent être rompus de façon unilatérale, sans indemnités notables à la clé.
Cet avantage juridique s’explique par le niveau de leurs salaires, nettement inférieur à celui du patron des Verts. Pour justifier ces départs, la FAF pourrait invoquer un rendement technique jugé insuffisant depuis plusieurs mois.
Antar Yahia et Karim Ziani pressentis pour le nouveau staff
En cas de renvoi de l’encadrement actuel, deux figures du football algérien reviennent avec insistance. Antar Yahia et Karim Ziani sont cités pour occuper des postes d’adjoints au sein d’un staff remodelé.
Ces deux anciens internationaux jouissent d’une forte cote de popularité auprès du public. Leur parcours sur le terrain et leur légitimité auprès des supporters constituent des atouts pour endosser ce rôle stratégique aux côtés du sélectionneur.
Le pari calculé de la fédération
La logique poursuivie par les dirigeants algériens apparaît limpide. Privé de ses proches collaborateurs et soumis à des contraintes de présence rigoureuses, Petkovic pourrait finir par estimer sa situation intenable.
Ce scénario permettrait à la fédération d’atteindre son but sans conséquence financière lourde. En rompant son engagement de lui-même, le technicien suisse éviterait à l’instance de payer d’importantes compensations.
L’enjeu économique pèse fortement dans cette manœuvre. Un licenciement direct exposerait la FAF à des indemnités élevées, ce que la stratégie actuelle cherche précisément à contourner.
Un bras de fer voué à un dénouement rapide
Le feuilleton entre le sélectionneur et sa fédération devrait connaître son épilogue dans les semaines à venir. Le dossier est présenté comme une priorité absolue par les responsables du football algérien.
Tout dépendra désormais de la réaction de Vladimir Petkovic face à cette pression grandissante. S’il persiste à défendre sa position, un nouveau round de négociations pourrait s’ouvrir.
La sélection nationale se retrouve, quant à elle, plongée dans une période d’incertitude. Le futur banc de touche des Fennecs reste suspendu à l’issue de ce affrontement institutionnel qui monopolise l’attention du pays.
Entre calcul juridique et pression contractuelle, la FAF joue une partie serrée pour tourner la page Petkovic. La désignation d’un nouvel encadrement, avec des visages familiers comme Yahia et Ziani, dessine déjà les contours d’un possible renouveau. Reste à savoir si le technicien suisse cédera avant que la fédération n’aille au bout de son plan.
