En Algérie, la lutte contre le trafic de drogue affiche un bilan jugé spectaculaire pour l’année 2025. À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le directeur général de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, Tarek Kour, a dévoilé les résultats des saisies et des affaires traitées sur l’ensemble du territoire national.
Des saisies record de drogue à travers le territoire algérien
Les services de sécurité algériens ont intercepté 37,239 tonnes de cannabis au cours de l’année écoulée. À cela s’ajoutent 1 461 kilogrammes de cocaïne et 2,037 kilogrammes d’héroïne saisis sur différents points du pays. Ces chiffres traduisent une intensification notable des opérations menées contre les réseaux de stupéfiants.
Le volet des substances psychotropes occupe une place centrale dans ce bilan. Plus de 43,41 millions de comprimés ont été confisqués par les autorités compétentes. Une part importante de ces médicaments détournés concerne la Prégabaline, devenue un produit phare du marché illicite.
Cette seule catégorie représente plus de 83,73 % de l’ensemble des produits saisis durant la période. L’ecstasy arrive en deuxième position parmi les substances interceptées. Cette répartition illustre la transformation du paysage de la consommation en Algérie.
Trafic de drogue : plus de 140 000 affaires traitées en Algérie
Le bilan présenté fait état de 143 968 affaires traitées durant l’exercice 2025. Parmi celles-ci, 71 546 sont liées au cannabis et 66 839 concernent les psychotropes, selon le responsable de l’Office national. Ces données confirment l’ampleur du phénomène à l’échelle nationale.
D’après les autorités, cette dynamique repose sur une stratégie nationale couvrant la période 2025-2029. Ce dispositif articule trois axes complémentaires : la prévention, le traitement des consommateurs et le démantèlement des filières criminelles. L’objectif vise une réponse globale au fléau des stupéfiants.
Les responsables estiment que le volume des saisies reflète la pression exercée sur les trafics organisés. Les statistiques mettent en lumière une diffusion étendue des infractions liées aux drogues. Plusieurs catégories de substances et de nombreuses régions du pays sont concernées par ce marché illégal.
Une vigilance sanitaire renforcée face aux psychotropes
Les forces de l’ordre insistent sur le besoin de renforcer les capacités opérationnelles et la coordination entre les services. Cette exigence répond à la complexité croissante des flux illicites qui traversent le territoire. La mutualisation des moyens devient un levier essentiel de l’action publique.
L’essor du marché des psychotropes en Algérie impose par ailleurs une attention sanitaire accrue. Les autorités cherchent à limiter les conséquences de ces produits sur la jeunesse. La protection des populations les plus vulnérables figure parmi les priorités affichées.
La stratégie nationale contre les stupéfiants donne-t-elle des résultats ?
Le plan national 2025-2029 accorde une place majeure à la prévention en milieu scolaire. Il intègre également la prise en charge médicale des usagers et leur réinsertion sociale. Cette approche combine répression et accompagnement humain.
Les données communiquées témoignent d’une pression continue sur les organisations criminelles actives dans le commerce des substances prohibées. La domination de la Prégabaline parmi les produits saisis traduit toutefois une évolution préoccupante. Ce médicament détourné de son usage thérapeutique alimente désormais un trafic structuré.
Les services spécialisés poursuivent leurs opérations de contrôle, d’enquête et de neutralisation des circuits de distribution. La mobilisation nationale contre le trafic de drogue s’inscrit dans un contexte régional marqué par une diversification des substances en circulation. Le Maghreb demeure une zone de transit sensible pour ces flux transfrontaliers.
L’adaptation constante des trafiquants de drogue
Les dispositifs déployés visent à réduire l’impact sanitaire et sécuritaire des stupéfiants sur la société algérienne. Les analyses institutionnelles soulignent l’importance d’une coopération étroite entre les différents intervenants. La synergie des acteurs conditionne l’efficacité de la lutte contre les réseaux criminels.
Les résultats dévoilés mettent aussi en évidence une transformation des méthodes employées par les trafiquants. Ces derniers ajustent en permanence leurs pratiques face aux moyens de surveillance et aux opérations de terrain. Cette capacité d’adaptation oblige les services à faire évoluer leurs propres outils.
Une réponse technique et organisationnelle continue s’impose donc aux autorités algériennes. Elle passe par la formation des agents, l’amélioration des moyens logistiques et le renforcement des outils d’investigation. Ces efforts conjugués doivent améliorer la détection, l’interception et la neutralisation des flux illicites alimentant le marché national.
Le bilan 2025 de la lutte antidrogue en Algérie confirme l’intensification d’une bataille engagée sur plusieurs fronts. Entre saisies massives et stratégie pluriannuelle, les autorités affichent leur volonté de freiner l’expansion d’un marché en pleine mutation. La place croissante des psychotropes constitue désormais le principal défi à relever pour les années à venir.