Le secteur des hydrocarbures en Algérie franchit une nouvelle étape avec l’accélération du projet d’Illizi Sud. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a reçu ce dimanche 21 juin 2026 le président-directeur général de la société saoudienne Medad Energy North Africa, Cheikh Abdelilah ben Mohammed ben Abdallah Al-Aiban. Cette entrevue visait à faire le point sur l’avancement du contrat de partage de production conclu pour ce périmètre stratégique du bassin d’Illizi.
D’après le communiqué diffusé par le ministère, les discussions ont porté sur l’état de la collaboration entre le groupe Sonatrach et le partenaire saoudien. Cette coopération découle directement de la signature du contrat hydrocarbures en formule de partage de production pour la zone contractuelle baptisée « Illizi Sud ».
Les deux délégations ont passé en revue les préparatifs nécessaires à l’entrée en vigueur effective de l’accord. Les volets techniques et réglementaires liés au programme des travaux ont occupé une place centrale, conformément au cadre contractuel défini entre les parties.
Un contrat pétrolier record sur quarante ans dans le bassin d’Illizi
L’accord couvre l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures sur la concession d’Illizi Sud, localisée à une centaine de kilomètres au sud d’Aïn Amenas. Le montant global des investissements prévus atteint près de 5,4 milliards de dollars, dont 288 millions consacrés exclusivement à la phase de recherche.
Ce projet représente l’engagement financier le plus considérable jamais enregistré dans le secteur pétrolier et gazier algérien. Sa durée constitue également un record, avec une période contractuelle de quarante ans, assortie d’une possible extension de dix années supplémentaires.
Le mécanisme retenu prévoit que Medad Energy North Africa assume l’intégralité du financement, soit 100 % des dépenses liées aux phases d’exploration et d’exploitation. Cette structure de partage de production illustre la volonté algérienne d’attirer des capitaux étrangers sans engager directement ses ressources budgétaires.
Des engagements environnementaux et technologiques pour le projet
Le programme de travaux sera déployé dans le strict respect des normes de protection de l’environnement en vigueur. Les opérations s’appuieront sur les solutions technologiques et numériques les plus récentes du secteur des hydrocarbures.
L’accord accorde par ailleurs une large place au contenu local et à la sous-traitance nationale. Cette orientation entend consolider l’intégration industrielle du pays et développer le savoir-faire algérien dans les services pétroliers et parapétroliers.
Des volumes de production considérables attendus
À l’horizon de la fin du contrat, la production escomptée du développement du bassin sud d’Illizi avoisinerait 993 millions de barils équivalent pétrole. Ce total englobe 125 milliards de mètres cubes de gaz naturel ainsi que 204 millions de barils de carburants liquides.
Parmi ces hydrocarbures liquides figurent 103 millions de barils de gaz de pétrole liquéfié et 101 millions de barils de condensat. Ces volumes confirment le potentiel énergétique majeur de la région et son rôle dans la stratégie nationale de l’Algérie.
Une coopération énergétique appelée à s’étendre
Mohamed Arkab a souligné que ce partenariat s’inscrit dans la démarche algérienne visant à bâtir des relations économiques équilibrées avec les acteurs internationaux. L’objectif demeure le renforcement du secteur national des hydrocarbures au service du développement économique.
De son côté, Cheikh Abdelilah ben Mohammed ben Abdallah Al-Aiban a confirmé la volonté de Medad Energy d’accroître ses investissements sur le sol algérien. Le dirigeant saoudien a salué le climat des affaires et les perspectives offertes par le marché énergétique du pays.
Il a réitéré l’engagement de son groupe à poursuivre le travail conjoint avec Sonatrach et à intensifier la cadence de réalisation des projets. Cette dynamique répond à l’intérêt mutuel des deux partenaires et illustre l’attractivité croissante du Maghreb pour les capitaux du Golfe.
Les origines et les chiffres clés de l’accord
La signature de ce contrat marque l’aboutissement d’un processus engagé avec le protocole d’accord conclu le 3 mars 2024 entre Sonatrach et Medad Energy North Africa. L’appel d’offres a débouché sur des engagements financiers d’au moins 936 millions de dollars.
Cette enveloppe se répartit entre 533 millions de dollars destinés à l’exploration et au forage, et environ 403 millions de dollars réservés au développement des installations. Ces montants témoignent de l’ampleur de l’effort consenti dès les premières phases du projet.
Avec ce partenariat d’envergure, l’Algérie confirme son ambition de consolider sa position parmi les principaux producteurs d’hydrocarbures de la région. L’accord d’Illizi Sud pourrait ouvrir la voie à de nouvelles collaborations entre Sonatrach et les investisseurs internationaux dans les années à venir.
Source : ObservAlgerie