À l’approche de la haute saison estivale, une rumeur concernant l’allocation touristique de 750 euros destinée aux Algériens voyageant à l’étranger sème le trouble dans le secteur touristique tunisien. La Tunisie demeurant la première destination des vacanciers algériens, cette information non vérifiée inquiète les professionnels du voyage à quelques jours des grands départs.
Une allocation touristique au cœur des relations Algérie-Tunisie
La Tunisie occupe une place centrale dans les habitudes de vacances des Algériens. Elle constitue leur destination privilégiée, tandis que l’Algérie représente le marché émetteur le plus important pour l’industrie touristique tunisienne.
Cette interdépendance explique pourquoi la moindre information touchant aux conditions de change des voyageurs algériens résonne fortement chez le voisin maghrébin. L’allocation touristique de 750 euros joue ici un rôle déterminant.
L’année dernière, ce dispositif a fortement stimulé les arrivées de visiteurs algériens en territoire tunisien. Une majorité de ces voyageurs franchissaient la frontière par la route, ce qui rend particulièrement sensible toute rumeur visant ce mode de déplacement.
« À qui profite la rumeur ? », s’interrogent les professionnels du tourisme
Apparue ces derniers jours, une rumeur affirme que les voyageurs algériens se rendant en Tunisie par voie terrestre ne pourraient plus bénéficier du droit de change au taux officiel. Cette affirmation a provoqué une vive inquiétude, alors que la saison estivale bat son plein.
Des observateurs spécialisés dans le secteur du tourisme et des voyages se sont interrogés ce jeudi 18 juin sur l’origine et les intentions derrière cette information. Selon eux, la Tunisie subit régulièrement ce type de désinformation à l’approche des vacances d’été.
La dernière rumeur en circulation évoque une prétendue exclusion des voyageurs terrestres algériens du bénéfice de l’allocation touristique de 750 euros. Cette fausse information a été largement diffusée sur les réseaux sociaux.
Les voyageurs par la route sont-ils privés du droit de change ?
Aucune décision de cette nature n’a pourtant été prise par les autorités algériennes. Les déplacements effectués par voie terrestre demeurent pleinement intégrés au dispositif de l’allocation touristique.
La réglementation actuelle prévoit même des justificatifs adaptés à ce mode de transport. Sont notamment concernés les documents relatifs aux passages frontaliers ainsi que les formalités liées aux opérations de change.
Aucune institution officielle n’a publié de texte évoquant une telle restriction. Ni la Banque d’Algérie, ni le ministère algérien des Finances, ni aucun autre organisme n’ont annoncé l’exclusion des voyageurs empruntant la route vers la Tunisie.
Un durcissement réglementaire mal interprété
Il convient de rappeler que la Banque d’Algérie a renforcé les conditions d’octroi de ce droit de change au taux officiel. Cette démarche s’inscrit dans une lutte contre les abus et les tentatives de détournement du montant de 750 euros vers le marché parallèle des devises.
Ce resserrement des règles a sans doute alimenté la confusion ayant donné naissance à la rumeur. Les nouvelles exigences administratives ont pu être interprétées à tort comme une exclusion de certains voyageurs.
Des conditions plus strictes, sans aucune exclusion terrestre
Désormais, l’obtention de l’allocation touristique impose de détenir un compte bancaire actif au sein de la banque domiciliataire. Le paiement de la contrevaleur en dinars du montant en devises doit s’effectuer uniquement par des moyens scripturaux émis par les établissements bancaires.
Par ailleurs, le règlement de la Banque d’Algérie sanctionne toute manœuvre destinée à détourner l’usage de cette allocation. Ces dispositions s’appliquent conformément à la législation en vigueur sur le change.
Malgré ces mesures plus rigoureuses, aucune disposition ne vient écarter les voyageurs terrestres du bénéfice du droit de change. Les autorités algériennes n’ont introduit aucune restriction fondée sur le mode de transport choisi.
En définitive, l’inquiétude des professionnels tunisiens repose sur une information dénuée de fondement officiel. L’allocation touristique de 750 euros reste accessible aux Algériens, qu’ils rejoignent la Tunisie par la route ou par tout autre moyen, à condition de respecter les nouvelles formalités bancaires.