L’industrie automobile en Algérie suscite à nouveau l’intérêt des grands groupes mondiaux. Après l’implantation de Fiat à Oran, Toyota et Hyundai cherchent désormais à dénicher des partenaires industriels locaux pour soutenir leurs projets à venir. Cette dynamique illustre la volonté du pays de bâtir une filière solide et autonome.
Les autorités algériennes affichent un objectif clair : relever le taux d’intégration locale, organiser un réseau structuré de sous-traitance et limiter la dépendance aux importations de véhicules.
Toyota explore le tissu industriel algérien
Une équipe de la marque Toyota, incluant plusieurs cadres techniques, mène actuellement une mission de repérage à travers le territoire. Le constructeur japonais doit parcourir différentes zones, de l’Est au Centre, avant de rejoindre l’Ouest en fin de semaine.
La finalité de cette tournée est d’identifier des sociétés algériennes aptes à rejoindre ses futures chaînes d’approvisionnement. Toyota souhaite mesurer les savoir-faire locaux dans des domaines stratégiques de la production automobile.
Parmi les secteurs ciblés figurent les composants mécaniques, les faisceaux électriques, la plasturgie, la métallurgie, les lubrifiants, les pièces détachées ou encore l’emboutissage. Autant de segments essentiels pour assembler des véhicules sur place.
Selon Rachid Bekhchi, président de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest (BSTPO), cette initiative valide « une dynamique de rapprochement entre les constructeurs internationaux et le tissu industriel algérien ».
Hyundai déjà présent sur le terrain en Algérie
Toyota n’est pas la seule firme à examiner le marché national. D’après Rachid Bekhchi, des représentants de Hyundai ont conduit une opération comparable ces derniers jours. Le groupe sud-coréen veut lui aussi repérer des fournisseurs conformes aux exigences des leaders mondiaux.
Ces critères concernent la qualité des produits, leur traçabilité, le respect des délais, la compétitivité tarifaire et la régularité de la production. Pour les entreprises algériennes, le défi consiste à décrocher une homologation et à s’imposer comme des fournisseurs fiables.
Une délégation venue d’Allemagne, encadrée par les Chambres de commerce et d’industrie allemandes à l’étranger (AHK), est par ailleurs attendue à la fin du mois de juin. Elle prévoit de rencontrer des industriels locaux et d’inspecter plusieurs unités de production.
L’Algérie compte sur 200 entreprises industrielles
Le potentiel national est bien réel. Rachid Bekhchi estime que l’Algérie possède près de 200 entreprises industrielles susceptibles de participer à la sous-traitance automobile. Parmi elles, une centaine de PME se trouvent actuellement en phase d’homologation.
À Oran, l’usine Fiat du groupe Stellantis fait déjà office de modèle. Trente PME y sont homologuées et 26 partenaires collaborent directement avec le constructeur italien. Le site a atteint 20 % d’intégration locale en 2025.
Des objectifs ambitieux pour la filière
L’usine vise désormais 30 % d’intégration locale cette année, avec une cible relevée à 35 %. De son côté, l’exécutif algérien fixe un horizon plus vaste : parvenir à 40 % d’intégration locale pour fabriquer 300 000 véhicules.
Avec 40 fabricants de pièces de rechange déjà actifs et plus de 100 intervenants rassemblés lors du Salon Mechanica, la filière automobile algérienne se consolide progressivement. Le pays met ainsi en place les fondations d’un écosystème industriel durable.
Pour Toyota, Hyundai et leurs concurrents, l’Algérie s’affirme aujourd’hui comme un marché à observer de près. Pour les producteurs nationaux, c’est l’occasion d’évoluer du rôle de simples fournisseurs locaux vers celui de partenaires intégrés aux chaînes de valeur automobiles internationales.
