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Algérie : offensive contre les faux exportateurs de devises

by Abdel
11 juin 2026
in Algérie
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Algérie : interdiction de banques pour le commerce extérieur ?

Les autorités algériennes ont décidé de renforcer leur dispositif de surveillance du commerce extérieur pour mettre fin aux détournements présumés de devises. Plusieurs opérateurs économiques sont soupçonnés d’exploiter les avantages accordés aux exportateurs pour transférer illégalement des fonds hors du pays. Cette offensive s’inscrit dans un contexte où Alger cherche à préserver ses réserves de change tout en encourageant la diversification économique.

Quatre méthodes frauduleuses identifiées par les autorités algériennes

L’État algérien a mis en lumière plusieurs stratégies utilisées par des commerçants peu scrupuleux pour contourner la législation. Parmi les pratiques relevées figure le non-rapatriement des recettes après une opération d’exportation, pourtant obligatoire selon la réglementation en vigueur.

Le fractionnement artificiel des cargaisons constitue une autre technique frauduleuse détectée. Certains exportateurs divisent volontairement leurs envois pour rester en dessous du seuil des 100 000 dinars et ainsi échapper à la domiciliation bancaire obligatoire.

La sous-évaluation des marchandises dans les déclarations douanières représente également un procédé répandu. En déclarant des prix inférieurs à la valeur réelle des biens exportés, ces opérateurs créent une marge financière dissimulée à l’étranger. Enfin, des transferts de capitaux déguisés en transactions commerciales sont suspectés par les services de contrôle.

Un nouveau cadre réglementaire applicable dès juillet 2026

À compter du 1er juillet 2026, un arsenal de mesures correctives entrera en application. Les exportateurs bénéficiant du régime spécifique pour les produits frais, périssables ou dangereux devront désormais justifier du rapatriement des recettes de leur dernière opération avant toute nouvelle autorisation.

Cette exigence vise à garantir le retour effectif des devises générées à l’international dans le système bancaire national. La réglementation impose déjà un délai maximum de 360 jours pour rapatrier les revenus d’exportation, calculé à partir de l’expédition des marchandises ou de la prestation du service.

Les petites transactions inférieures à 100 000 dinars feront également l’objet d’une supervision renforcée. Jusqu’à présent exemptées de certaines formalités, ces opérations nécessiteront désormais une autorisation préalable pour éviter les abus liés au fractionnement volontaire des envois.

Restrictions accrues pour les traders non producteurs

Les intermédiaires commerciaux, communément appelés traders, se trouvent au cœur du dispositif de contrôle renforcé. Une instruction diffusée par la Banque nationale d’Algérie impose à ces opérateurs de présenter une autorisation formelle du fabricant pour effectuer leurs formalités bancaires.

Cette obligation ne s’applique toutefois pas aux négociants de produits agricoles. La mesure conserve un caractère provisoire en attendant le déploiement d’une plateforme numérique dédiée à la gestion des exportations, qui centralisera les procédures et renforcera la traçabilité.

Le nouveau dispositif mobilise l’ensemble des acteurs du commerce extérieur algérien. L’Association professionnelle des banques, les établissements bancaires commerciaux, la Banque d’Algérie, l’administration des Douanes ainsi que les services du ministère du Commerce sont tous impliqués dans cette coordination renforcée.

Maintien du soutien aux exportateurs légitimes de devises

Le durcissement des contrôles ne remet nullement en cause l’accompagnement des entreprises exportatrices authentiques. Les autorités monétaires algériennes ont d’ailleurs confirmé que les exportateurs hors secteur des hydrocarbures conservent le droit de disposer de l’intégralité de leurs recettes en devises.

Cette stratégie à double tranchant cherche à équilibrer deux objectifs apparemment contradictoires. D’un côté, faciliter les activités commerciales des entreprises sérieuses engagées dans l’exportation. De l’autre, colmater les brèches exploitées par des montages financiers opaques destinés à contourner la législation sur les changes.

Pour les sociétés algériennes engagées dans le commerce international, ces nouvelles règles impliquent une adaptation administrative. Elles devront fournir davantage de documents justificatifs, accepter une traçabilité renforcée de leurs flux financiers et se soumettre à des contrôles plus systématiques de leurs opérations transfrontalières.

Une politique de préservation des réserves nationales

Cette offensive contre les faux exportateurs s’inscrit dans la volonté de l’Algérie de protéger ses réserves de change. Face à la dépendance historique aux revenus pétroliers et gaziers, le pays multiplie les initiatives pour développer les exportations hors hydrocarbures.

Toutefois, cette ouverture a créé des opportunités de détournement que les autorités entendent désormais neutraliser. Le renforcement des contrôles témoigne d’une approche plus rigoureuse dans la gestion des flux de devises, élément stratégique pour la stabilité économique du pays.

Les opérateurs économiques algériens disposent donc de quelques mois pour se conformer aux nouvelles exigences. Ce délai doit leur permettre d’adapter leurs procédures internes et de régulariser leurs pratiques avant l’application effective des mesures en juillet prochain. L’enjeu reste de taille pour le gouvernement : assainir le commerce extérieur sans freiner la dynamique des exportations légitimes.

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