Présentée initialement comme une infrastructure nationale majeure, la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset prend une dimension continentale. Lors des Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) à Brazzaville, l’institution a placé ce corridor transsaharien parmi les projets les plus stratégiques pour l’intégration économique de l’Afrique.
La BAD qualifie la ligne Alger-Tamanrasset de plus grand projet financé en Algérie

En marge des Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement, la vice-présidente principale de l’institution, Marie-Laure Akin-Olugbade, a mis en avant l’importance du corridor ferroviaire algérien dans la stratégie de la banque.
Selon ses déclarations, la participation de la BAD au financement du premier tronçon reliant Laghouat, Ghardaïa et El Meniaa constitue « le plus grand projet de la Banque en Algérie ». L’institution considère cette infrastructure comme l’un de ses investissements les plus transformateurs sur le continent.
La responsable a souligné que ce projet dépasse le simple cadre d’un chantier de transport national. Pour la BAD, il illustre le rôle central des infrastructures de connectivité dans la construction d’une Afrique économiquement plus intégrée.
Le tracé prévoit de relier six wilayas : Alger, Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa, In Salah et Tamanrasset. La mise en service du corridor est attendue à l’horizon 2028, conformément aux orientations fixées par le président algérien.
Un corridor stratégique pour la ZLECAf et les échanges africains
Au-delà de sa dimension ferroviaire, la Banque africaine de développement inscrit ce projet dans une logique plus large liée à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Dans cette perspective, la ligne Alger-Tamanrasset apparaît comme une infrastructure destinée à faciliter la circulation des marchandises, des investissements et des personnes à travers le continent.
En reliant le nord de l’Algérie aux régions sahariennes profondes par voie ferrée, le corridor pourrait renforcer les connexions économiques entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. L’enjeu ne se limite donc pas au transport intérieur : il touche à la capacité des économies africaines à développer davantage de commerce intra-africain.
Pour la BAD, ce type d’infrastructure représente un levier essentiel pour accompagner la mise en œuvre concrète de la ZLECAf, dont les ambitions reposent en grande partie sur la modernisation des réseaux de transport et de logistique.
Un projet à portée géoéconomique pour l’Algérie et le continent
Le corridor ferroviaire transsaharien est présenté comme un outil susceptible de redessiner les échanges régionaux. En favorisant les liaisons terrestres à grande échelle, le projet pourrait contribuer à réduire certaines dépendances aux circuits commerciaux traditionnels dominés par les routes maritimes.
Au-delà des aspects techniques, la ligne Alger-Tamanrasset incarne ainsi une vision plus large : celle d’un continent mieux connecté, capable de développer ses propres corridors économiques et de soutenir une intégration régionale renforcée.
À travers son implication dans ce chantier, la BAD confirme l’importance stratégique accordée aux infrastructures de grande envergure dans la transformation économique africaine.

