Les derniers indicateurs dévoilés lors des Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) mettent en avant la progression industrielle de l’Algérie. Les évaluations menées sur plusieurs années montrent une amélioration des performances du pays, dans un contexte où l’Afrique cherche à accélérer son intégration économique autour de la ZLECAf.
La Banque africaine de développement souligne l’amélioration des indicateurs algériens

Présentés à Brazzaville, les nouveaux outils d’analyse de la Banque africaine de développement (BAD) reposent sur deux publications majeures : l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII 2025), couvrant 54 pays africains, et le premier Baromètre de l’investissement industriel en Afrique (AfIIB).
Selon les conclusions de ces rapports, l’Algérie affiche une progression continue de ses indicateurs industriels entre 2021 et 2024. L’évaluation met en évidence un renforcement progressif des capacités de production et une montée en compétitivité du tissu industriel national.
La BAD distingue, dans son analyse, deux catégories de facteurs expliquant cette évolution. D’une part, les déterminants directs liés à la modernisation des infrastructures industrielles, au développement des capacités manufacturières et aux dispositifs de soutien au secteur. D’autre part, les déterminants indirects, domaine dans lequel l’Algérie aurait enregistré ses avancées les plus marquées, notamment grâce à l’amélioration de l’environnement économique, des infrastructures générales et des capacités institutionnelles.
L’Algérie intégrée au groupe des principales économies manufacturières africaines
Le Baromètre AfIIB s’appuie principalement sur trois critères d’évaluation : la diversification industrielle, l’attractivité des investissements et le niveau d’intégration locale de la production.
À travers ces indicateurs, la BAD classe l’Algérie parmi les économies manufacturières les plus importantes du continent. L’étude met en avant le poids du secteur industriel algérien dans la dynamique économique régionale et son rôle potentiel dans le développement des chaînes de valeur africaines.
Le pays rejoint ainsi un groupe restreint de grandes puissances industrielles africaines comprenant notamment l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria, souvent considérés comme les principaux pôles manufacturiers du continent.
ZLECAf : la BAD appelle à une intégration économique plus poussée
Au-delà des performances nationales, la Banque africaine de développement insiste sur les limites actuelles de l’intégration économique africaine. Selon ses analyses, la réduction des barrières tarifaires, à elle seule, ne suffira pas à concrétiser les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
L’institution recommande une approche plus large reposant sur la création de corridors économiques efficaces, l’harmonisation des normes techniques et le développement de chaînes de valeur régionales capables de fluidifier les échanges interafricains.
Dans cette perspective, les progrès industriels enregistrés par certains pays, dont l’Algérie, pourraient constituer un levier important pour renforcer la production continentale et soutenir les objectifs d’intégration économique portés par la ZLECAf.

