Après la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental par Emmanuel Macron, une vive controverse agite la classe politique française, tandis que Le Monde refuse d’adopter la nouvelle carte.
Sahara occidental : Une décision présidentielle qui ravive les tensions diplomatiques
Le 31 juillet 2025, Emmanuel Macron a officiellement reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental dans une lettre adressée au roi Mohammed VI. Le président français y affirme que « le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », s’alignant ainsi pleinement sur le plan d’autonomie proposé par Rabat depuis 2007. Cette déclaration, inédite dans son ton et sa portée, a immédiatement provoqué la colère de l’Algérie, qui a rappelé son ambassadeur à Paris.
Le 28 octobre, lors d’une visite officielle à Rabat, Macron a confirmé cette position dans un discours au Parlement marocain. Dans la foulée, le ministère des Affaires étrangères a mis à jour sa carte officielle du Maroc, supprimant les pointillés qui distinguaient jusque-là le Sahara occidental du reste du territoire marocain. Cette nouvelle représentation cartographique a été étendue à toutes les institutions françaises, y compris le Parlement.

Controverse politique et résistance médiatique en France
Cette décision présidentielle a généré une vive opposition à l’Assemblée nationale. Plusieurs députés, dont Jean-Paul Lecoq, ont dénoncé le remplacement de la carte conforme au droit international par celle reflétant la vision de l’exécutif. Lecoq a critiqué la mise en place d’une carte qui, selon lui, ne respecte ni les résolutions de l’ONU ni la légalité internationale.
Dans ce contexte tendu, Le Monde a pris une position tranchée. La journaliste Delphine Papin a expliqué que le quotidien français continue d’utiliser les cartes issues des conventions onusiennes, où le Sahara occidental est traité comme un territoire non autonome, distinct du Maroc et séparé par des pointillés. « Ce contentieux n’est pas réglé », affirme-t-elle, précisant que Le Monde n’entend pas céder à une lecture politique imposée par l’exécutif français.