Le gouvernement espagnol a récemment décidé de régulariser environ 500 000 migrants sans-papiers présents dans le pays avant fin 2025. Pour être éligibles, ces migrants doivent avoir résidé au moins cinq mois en Espagne ou avoir déposé une demande d’asile avant cette échéance. Ceux qui remplissent ces critères pourront obtenir un permis de séjour d’un an, leur donnant le droit de travailler dans n’importe quel secteur en Espagne.
Réactions de l’Union Européenne
La Commission européenne a exprimé des réserves concernant cette décision, s’interrogeant sur sa compatibilité avec la politique migratoire actuelle de l’UE. Certains responsables à Bruxelles craignent que cette mesure n’affaiblisse les efforts européens visant à limiter l’immigration irrégulière. Ils estiment que cela pourrait envoyer un signal contradictoire aux objectifs de l’UE, qui s’efforce de dissuader l’immigration illégale. Une préoccupation supplémentaire réside dans la possibilité pour les migrants régularisés de voyager à travers l’espace Schengen sans autorisation durable, encourageant peut-être certains à s’installer illégalement ailleurs dans l’UE.
Les avantages pour l’Espagne
Le gouvernement espagnol, dirigé par Pedro Sánchez, défend cette régularisation en mettant en avant ses bénéfices économiques et sociaux. Selon la ministre des Migrations, Elma Saiz, cette décision permettra d’intégrer davantage de travailleurs dans l’économie formelle, réduisant ainsi le travail au noir et améliorant la qualité de vie des migrants concernés. L’Espagne fait face à un besoin de main-d’œuvre dans certains secteurs comme l’agriculture, la construction et les services, et la régularisation des sans-papiers pourrait répondre à cette demande tout en renforçant la cohésion sociale.
Politique migratoire de l’UE
Cette décision intervient alors que l’Union européenne adopte une approche plus stricte en matière de politique migratoire, avec des mesures visant à réduire l’immigration irrégulière et à faciliter les expulsions vers des pays d’origine. L’UE élargit la notion de « pays tiers sûrs » pour accélérer les procédures d’asile et réduire le nombre de migrants entrant sans autorisation. Le commissaire européen aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, discutera bientôt de l’impact de cette régularisation sur l’espace Schengen, clarifiant ainsi les divergences existantes entre l’Espagne et d’autres pays de l’UE, qui préfèrent une approche plus restrictive.