Après une interruption de dix-huit mois, le blé français reprend le chemin de l’Algérie avec une expédition prévue pour février 2026. Ce retour marque un tournant dans le cadre des relations économiques et diplomatiques entre Paris et Alger.
Des volumes de blé français encore limités
Terre-Net, relayant des informations de l’Office agricole FranceAgriMer, a annoncé le 11 février 2026 l’envoi de 5 000 tonnes de blé tendre français vers l’Algérie. Cela représente la première opération commerciale depuis juillet 2024, où 31 500 tonnes avaient été livrées.
En plus du blé, 13 000 tonnes d’orge sont également prévues pour l’exportation, rompant ainsi trois saisons d’absence du marché algérien.
Les répercussions d’un contexte diplomatique difficile
L’arrêt des importations de blé français coïncide avec la crise diplomatique de juillet 2024, provoquée par la déclaration du président français Emmanuel Macron sur la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Suite à ces événements, l’Algérie, historiquement un client majeur du blé français, a réduit ses acquisitions. Benoît Pietrement, de FranceAgriMer, espère un renouveau des échanges étant donné l’importance de l’Algérie comme marché traditionnel.
Des perspectives de marché incertaines
Malgré la reprise, les volumes restent modestes et l’évolution future de ces échanges dépendra de confirmations douanières, comme l’indique Habasse Diagouraga, spécialiste du marché céréalier français.
Avec des difficultés pour l’Argentine, vendeuse majeure de blé fourrager, la France pourrait temporairement combler un besoin en blé meunier de qualité selon les critères algériens. De surcroît, les importations algériennes de blé français ont chuté à des niveaux quasi nulles en 2025, avec seulement 7,2 millions de tonnes prévues pour l’exportation, un chiffre inférieur de 300 000 tonnes en raison d’une concurrence accrue.
L’Algérie continue d’améliorer sa production locale pour atteindre une meilleure sécurité alimentaire, rendant l’avenir du blé français incertain sur ce marché. Les exportations prévues en février 2026 ne suffisent pas à prédire un retour durable du blé français.

