À Genève, les individus dépourvus de permis de séjour valides rencontrent des difficultés lorsqu’ils se présentent dans un poste de police pour porter plainte. Il arrive souvent que ces démarches engendrent leur arrestation et des poursuites légales, suivies d’une éventuelle expulsion. Ce phénomène modifie profondément la relation entre les sans-papiers et le système judiciaire, augmentant leur réticence à signaler des délits.
Les répercussions sur le système judiciaire à Genève
Estimés à environ 2,7 % de la population genevoise, les sans-papiers, majoritairement féminins, évitent souvent de porter plainte de peur d’être entrainés dans des démêlés administratifs. Cette situation conduit à une réduction des infractions rapportées, entravant la capacité des autorités à identifier et agir contre des activités illégales.
La méfiance croissante entre les sans-papiers et les autorités judiciaires complexifie les interactions nécessaires à l’application de la loi. Les juges Carole-Anne Kast et Olivier Jornot ont admis une certaine disproportion dans les réactions face aux victimes sans-papiers, indiquant une certaine latitude, bien que les critères de décision ne soient pas publiquement explicités.
Les bases légales des interventions des autorités
Les autorités de Genève invoquent le droit fédéral pour justifier leurs actions. Selon l’article 7 du Code de procédure pénale, il est du devoir des autorités pénales de poursuivre toutes infractions signalées, tandis que l’article 97 de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration stipule le devoir de signaler les séjours illégaux. Dans la pratique, le dépôt de plainte par un sans-papiers entraîne souvent l’application de ces deux articles en parallèle. Cette dualité de procédures crée une dynamique où la quête de protection déclenche une procédure relative au statut migratoire de l’individu.
Questionnement sur l’accès à la justice
La pratique courante à Genève, où les sans-papiers sont parfois punis pour séjour illégal à la suite d’une plainte, soulève des interrogations sur l’accès équitable à la justice. Bien que l’ensemble des détails ne soit pas disponible publiquement, les témoignages de juristes et d’associations démontrent la reconnaissance de cette réalité complexe.
Face à cette incertitude, les sans-papiers hésitent souvent avant de contacter les forces de l’ordre. Bien que le cadre légal reste inchangé, les effets pratiques varient selon les situations spécifiques et l’interprétation des autorités compétentes.