Un bouleversement majeur se profile pour les voyageurs hors de l’Europe visitant l’espace Schengen. Les réputés tampons sur les passeports, emblèmes des passages aux frontières, céderont la place à un système numérique et biométrique. Ce changement, qui concerne l’ensemble des pays de la zone, redéfinira le contrôle des accès et sorties.
Adoption du système numérique et biométrique
Dès le 10 avril 2026, les tampons sur les passeports des visiteurs non européens ne seront plus utilisés dans les 29 pays membres de l’espace Schengen, notamment l’Allemagne, la France, l’Italie, ainsi que la Suisse et la Norvège. Ce remplacement découle de l’introduction du Système d’Entrée/Sortie (EES) dans l’espace Schengen, fonctionnel depuis octobre 2025.
Avec le système EES, l’enregistrement des passeports, des photos, des empreintes, ainsi que des passages à la frontière est effectué de manière digitale. Cela supprime les contrôles manuels, rendant l’expérience entièrement numérique pour les voyageurs non européens. Les données biométriques initialement fournies sont mises à jour à chaque passage suivant.
Les objectifs du système d’entrée/sortie
L’objectif principal du Système d’Entrée/Sortie est d’améliorer la sécurité aux frontières et de suivre la durée des séjours autorisés. Il a également pour vocation de réduire la fraude identitaire et d’accélérer le passage des voyageurs aux frontières. Inspiré de technologies similaires déployées en Australie, au Canada et au Japon, ce système promet une efficacité accrue.
Le EES s’applique uniquement aux séjours de courte durée, soit un maximum de 90 jours sur une période de 180 jours pour les voyageurs non européens. Les citoyens européens dans l’espace Schengen, quant à eux, continueront de se faire tamponner leurs passeports lors de leurs voyages à l’étranger, car ce système ne les concerne pas.
L’impact culturel de la disparition des tampons
Historiquement, le tampon apposé sur un passeport symbolisait l’achèvement d’un voyage. Comme le souligne Patrick Bixby, professeur à l’Université d’État de l’Arizona, ces tampons remontent au Moyen Âge. Malgré la transition vers la numérisation, de nombreux voyageurs regrettent la disparition de ce symbole de voyage.
Cependant, cet ajustement s’inscrit dans une tendance mondiale vers la digitalisation. En plus de l’Union européenne, l’Australie, le Japon et le Canada ont déjà adopté des contrôles biométriques, tandis que les États-Unis envisagent de suivre cette voie dans un avenir proche. Ce processus devrait également accélérer les passages aux frontières et réduire les files d’attente.
Cette évolution vers la numérisation s’inscrit dans un cadre global de modernisation, cherchant à garantir un équilibre entre sécurité et fluidité pour les voyageurs internationaux.