En cinq ans, la France a perdu du terrain sur le marché algérien, laissant la Chine s’imposer en leader. Décryptage d’un basculement économique majeur.
La France en perte de vitesse en Algérie : la Chine s’impose en leader
En cinq ans, la France a vu sa part de marché en Algérie s’effondrer sous la barre des 10 %, au profit de la Chine. Un bouleversement économique qui en dit long sur la nouvelle dynamique commerciale entre les deux pays.
La France recule, la Chine avance
Entre 2018 et 2023, la part de marché de la France en Algérie est passée de 10,4 % à seulement 7,4 %, selon l’Office national des statistiques (ONS). Pendant ce temps, la Chine a renforcé sa position, passant de 17 % à 19,9 %, creusant un écart toujours plus grand.
Derrière la Chine, d’autres pays gagnent du terrain, notamment l’Italie (7,3 %), le Brésil (6,5 %) et la Turquie (5,9 %). L’Allemagne, la Russie et les États-Unis complètent le classement des principaux fournisseurs de l’Algérie.
Pourquoi la France perd-elle du terrain ?
Plusieurs facteurs expliquent ce recul :
- Une compétition accrue : la Chine propose des prix très compétitifs et une capacité de production massive.
- Des tensions diplomatiques : les relations franco-algériennes connaissent des hauts et des bas, impactant les échanges économiques.
- Une diversification des partenaires : l’Algérie s’ouvre de plus en plus à d’autres pays, notamment asiatiques et sud-américains.
Quels secteurs sont les plus touchés ?
Malgré son recul, la France reste un fournisseur majeur pour certains produits essentiels :
- Médicaments : 40 milliards de dinars importés en 2023.
- Produits laitiers : 24,4 milliards de dinars.
- Blé : 24,1 milliards de dinars.
De son côté, la Chine domine dans des secteurs stratégiques comme les technologies et l’industrie lourde :
- Téléphones mobiles : 57,3 milliards de dinars.
- Tuyaux et profilés en acier : 38 milliards de dinars.
- Pneumatiques en caoutchouc : 35,3 milliards de dinars.
L’Algérie tourne-t-elle le dos à l’Europe ?
L’Union européenne reste un partenaire majeur de l’Algérie, représentant 34 % de ses importations et 64,5 % de ses exportations. Mais la tendance est à la diversification :
- L’Asie monte en puissance avec 26,8 % des importations algériennes.
- L’Afrique reste marginale, avec seulement 1,1 % des exportations et 0,5 % des importations.
La France peut-elle reconquérir sa place en Algérie ? Avec la Chine qui renforce ses positions et la compétition internationale qui s’intensifie, Paris devra redoubler d’efforts pour rester dans la course.