Vendredi 13 février 2026, plusieurs associations se sont unies devant la préfecture de Versailles pour protester contre les complications administratives rencontrées par les étrangers, particulièrement en ce qui concerne l’obtention des titres de séjour.
Le cas d’Ahmed : un parcours semé d’embûches
Ahmed, un Algérien de 17 ans arrivé en France en octobre 2015, est l’un des cas mis en lumière par les manifestants. Il n’a pas engagé de démarches administratives pendant plusieurs années. La naissance de son enfant en mai 2023, de mère française, a marqué le début de sa demande pour un titre de séjour comme parent d’enfant français. Cependant, son dossier initial, déposé en juillet 2023, a été clôturé pour un « problème technique » en novembre de la même année.
Une mise à jour informatique aurait causé la disparition de certains dossiers, obligeant Ahmed à soumettre une nouvelle demande. En mars 2024, l’administration lui a réclamé des documents supplémentaires. Cependant, en juin 2024, une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) lui a été envoyée par erreur, ce qui a aggravé sa situation administrative.
Une erreur administrative aux lourdes conséquences
Après vérification, il est apparu que l’OQTF ne concernait pas Ahmed, mais sa situation est restée inchangée. Malgré trois tentatives de dépôt de dossier, il fait face à une lenteur administrative frustrante, ponctuée de demandes de documents complémentaires. Il a exprimé son exaspération face à des réponses souvent inadéquates et tardives des services administratifs.
Sans titre de séjour valide, Ahmed se trouve dans l’impossibilité de travailler légitimement, d’ouvrir un compte bancaire ou de suivre des formations comme le permis de conduire. Sa précarité financière est partiellement atténuée par l’emploi de sa conjointe.
L’engorgement du système : une affirmation d’avocat
Son avocat, Maître Sylvain Saligari, affirme que ces délais prolongés dans le traitement des dossiers ne sont pas des cas isolés. Il déclare que l’administration est saturée, ce qui entraîne des refus implicites après quatre mois d’attente. Un recours a été déposé devant le tribunal administratif, mais le traitement des dossiers reste long en raison de l’engorgement des tribunaux.
Dans l’attente d’une décision, Ahmed et sa famille continuent de subir les impacts socioéconomiques de cette situation précaire.
