Incarcéré depuis novembre 2023, l’écrivain algérien Boualem Sansal pourrait-il bénéficier d’une grâce présidentielle ? Ses filles lancent un appel bouleversant à Abdelmadjid Tebboune.
Un cri du cœur pour un père en prison
C’est un appel poignant que lancent Sabeha et Nawal, les filles cachées de Boualem Sansal. L’écrivain algérien, reconnu pour ses prises de position tranchées, purge une peine de cinq ans de prison en Algérie depuis novembre 2023. Condamné pour « atteinte à l’unité nationale », il encourt également une amende de 500 000 dinars. Face à cette situation, ses filles se mobilisent et sollicitent une grâce présidentielle auprès du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune. Mais leur requête restera-t-elle lettre morte ?
Un combat diplomatique sans réponse
Dans une interview accordée à un média tchèque, les deux sœurs dévoilent leurs démarches pour obtenir la libération de leur père. « L’ambassadeur tchèque à Alger, Jan Czerný, m’a contactée et m’a proposé d’écrire une lettre adressée directement au président Tebboune », explique Sabeha. Envoyée via le ministère des Affaires étrangères tchèque, cette missive n’a jamais obtenu de réponse. Déterminées, les jeunes femmes ont rédigé une nouvelle lettre, cette fois personnelle, transmise par l’ambassade tchèque. Mais encore une fois, silence radio de la part des autorités algériennes.
« Notre père est vieux et malade »
Au-delà de l’aspect judiciaire, c’est l’état de santé de Boualem Sansal qui inquiète ses filles. Nawal confie : « Nous souhaitons une grâce présidentielle, parce qu’il est vieux et qu’il est malade. » Un argument qui pourrait peser dans la balance, notamment après le Ramadan, période souvent marquée par des gestes de clémence.
Le manque d’informations officielles sur son état physique ajoute à leur angoisse. « J’étais en contact avec Antoine Gallimard, qui a des informations plutôt rassurantes. Mais je ne sais pas d’où elles proviennent », avoue Sabeha.
Pourquoi Boualem Sansal est-il retourné en Algérie ?
Une question intrigue les deux jeunes femmes : pourquoi leur père, qui possède la nationalité française, a-t-il choisi de retourner en Algérie, un pays où il était en danger ? « Nous n’avons pas compris pourquoi il est rentré en Algérie », avoue Nawal. Une décision qui suscite autant d’incompréhension que de regrets.
Une grâce présidentielle est-elle possible ?
Alors que Boualem Sansal demeure incarcéré dans le silence des autorités algériennes, ses filles ne perdent pas espoir. « Nous espérons une clémence du président Tebboune« , répètent-elles. Cet appel émouvant aura-t-il un écho au sommet de l’État ? Les autorités algériennes accorderont-elles une issue favorable à cette affaire qui ne cesse de faire réagir l’opinion publique ?