Après un hiatus de 18 mois, l’Algérie reprend ses importations de blé français, envoyant un signal fort à la filière agricole française et réaffirmant l’importance de ce marché dans sa stratégie alimentaire. En juillet 2024, la France a expédié 5.000 tonnes de blé et 13.000 tonnes d’orge vers l’Algérie, un geste qui marque la fin d’un blocage initié par la crise diplomatique autour du Sahara occidental.
Blé français en Algérie : Une reprise symbolique mais limitée
Cette première livraison de blé et d’orge intervient après l’arrêt total des exportations françaises en Algérie depuis juillet 2024, suite à la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Pour l’orge, c’est même une première depuis trois saisons. Selon Benoît Pietrement, responsable du comité des céréales chez FranceAgriMer, « les exportations vers l’Algérie sont importantes, car c’est un client traditionnel. Nous espérons que cela pourra se poursuivre ».
L’Algérie réinvente sa stratégie céréalière
Historiquement principal acheteur de blé français, l’Algérie a diversifié ses sources depuis 2020, favorisant les blés de la mer Noire, notamment russe et ukrainien, plus compétitifs. Ses importations françaises sont passées de 5 à 6 millions de tonnes en 2019 à quasiment zéro en 2025. Parallèlement, l’Algérie investit dans la production locale pour sécuriser son approvisionnement.

Le projet de Timimoune, lancé en 2025 avec le groupe italien BF et le Fonds national d’investissement (FNI), vise à produire blé dur et légumineuses pour 400 millions d’euros, soulignant l’enjeu stratégique de l’autosuffisance. La reprise des importations de blé français marque une réconciliation commerciale prudente mais stratégique. Elle reflète à la fois les tensions passées et la volonté de l’Algérie de sécuriser son approvisionnement tout en soutenant ses partenariats traditionnels.
