En 2026, l’Algérie met en place dans sa Loi de finances une taxe sur les carburants pour tout véhicule quittant son territoire vers la Tunisie. Cette stratégie vise à contrer la contrebande, encouragée par le faible coût des carburants en Algérie comparé aux pays voisins.
Écart de prix de carburant entre l’Algérie et la Tunisie
Les prix des carburants en Algérie sont parmi les plus bas du monde. Depuis le premier janvier, l’essence coûte 47 DA (approximativement 0,36 USD), tandis que le diesel est à 31 DA (0,25 USD) et le GPL à 12 DA (0,09 USD). En Tunisie, en revanche, un litre d’essence est vendu à 2,53 dinars tunisiens (environ 0,88 USD), créant ainsi un différentiel de plus d’un demi-dollar par rapport à l’Algérie. Ceci représente un avantage de 26 dollars pour un plein de 50 litres. Pour le gasoil, un litre revient à 0,76 USD en Tunisie, contre 0,36 USD en Algérie, aboutissant à un profit potentiel de 40 dollars pour 100 litres.
La taxe : Détail et conséquences
L’article 81 de la LF 2026 instaure une taxe visant à compenser la différence entre le prix local et international des carburants. Cette mesure est appliquée sans discrimination entre Algériens et étrangers, et cible particulièrement ceux traversant la frontière pour les remplir leur réservoir à des fins lucratives répétées.
Pour les véhicules utilitaires et camions de moins de 10 tonnes, la taxe est de 5 000 DA par trajet, alors que pour les poids lourds et autobus, elle monte à 12 000 DA. Pour les voitures de tourisme, le tarif varie de 1 000 DA à 25 000 DA en fonction du nombre de voyages. Ce système rend non rentable le commerce illicite de carburant, annulant le profit escompté et augmentant significativement le coût des fréquentes traversées frontalières.
Réactions et défis
Ce changement a pesé sur les Tunisiens et les transporteurs algériens, la presse tunisienne ayant rapporté d’importantes files d’attente devant les bureaux des impôts en Algérie. La taxe n’étant pas réglée aux postes frontaliers, les concernés doivent s’en acquitter en ligne ou dans un bureau spécifique. La communication de l’ambassade de Tunisie en Algérie a informé sa population locale, principale concernée par cette taxation.
Bien que certains protestent, arguant une entrave à la libre circulation, cette taxe est considérée efficace pour réduire la contrebande de carburants. L’Algérie, préservant ses faibles prix grâce aux subventions publiques, espère ainsi protéger ses finances.