L’Algérie a officiellement entamé la procédure de dénonciation de l’accord de services aériens signé avec les Émirats arabes unis en 2013. Ce changement potentiel pourrait influencer les trajets aériens entre les deux nations, touchant passagers et transport de marchandises.
L’accord signé le 13 mai 2013 par l’Algérie et les Émirats arabes unis réglementait les droits de trafic aérien, la nomination des compagnies aériennes et les modalités d’exploitation des vols entre les deux pays. Ce cadre juridique a été officialisé par un décret présidentiel le 30 décembre 2014, régissant tant les vols de passagers que de fret. Le démantèlement de cet accord se déroule dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre Alger et Abou Dhabi.
Contexte diplomatique tendu
Bien que le gouvernement algérien n’ait pas explicitement énoncé ses raisons pour cette action, le contexte politique apporte un éclairage sur cette décision. Récemment, des médias d’Alger ont rapporté des accusations selon lesquelles les Émirats s’ingéreraient dans les affaires internes algériennes. En octobre 2025, le président Abdelmadjid Tebboune avait exprimé que l’Algérie maintenait des relations cordiales avec les pays du Golfe, hormis un, sous-entendu-il, les Émirats. Les relations avec l’Arabie saoudite, le Koweït, Oman et le Qatar demeureraient, quant à elles, chaleureuses.
Ces tensions diplomatiques, exacerbées par des accusations de déstabilisation visant les Émirats, ont précédé l’annonce officielle de la fin de l’accord aérien.
Répercussions sur les vols et les compagnies aériennes
L’accord initial de 2013 permettait aux deux pays de désigner un nombre illimité de transporteurs pour assurer des vols réguliers sans limitation de capacité. Il établissait aussi les règles de délivrance ou de suspension des licences pour manquement aux conditions de l’accord. En l’absence de remplacement pour cet accord, les compagnies aériennes pourraient voir leurs droits de trafic restreints et devoir suivre des procédures d’autorisation plus contraignantes. Cela pourrait restreindre les vols directs, obligeant les voyageurs à emprunter des itinéraires plus longs passant par d’autres hubs régionaux ou européens.
Du côté algérien, Air Algérie optimise les liaisons vers le Golfe pour connecter son réseau long‑courrier avec des marchés moyen-orientaux et asiatiques. Côté émirati, des acteurs majeurs comme Emirates et Etihad Airways ont établi une forte présence en Afrique du Nord. La suppression de l’accord pourrait entraîner une augmentation des coûts pour ces compagnies et compliquer leurs opérations logistiques. Les voyageurs pourraient aussi ressentir une réduction de la fréquence des vols ou être contraints à des trajets indirects. Les compagnies chimiques surveillent de près l’évolution de la situation pour envisager des solutions temporaires afin de minimiser l’impact sur leurs opérations de vol et de fret.