Les avoirs en devises de l’Algérie poursuivent leur diminution au cours du premier trimestre 2026. D’après un récent rapport publié par le Fonds monétaire international, les réserves de change du pays affichent une nouvelle contraction significative à la clôture du mois de mars. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique baissière qui perdure depuis plusieurs exercices.
Les réserves de change algériennes tombent à 40,3 milliards de dollars
Au 31 mars 2026, les avoirs en devises de l’Algérie, hors réserves aurifères, atteignent 40,3 milliards de dollars selon les statistiques du FMI relayées par la plateforme CEIC Data. Ce montant représente une diminution de trois milliards de dollars comparativement au mois précédent.
La contraction cumulée sur le premier trimestre 2026 s’établit à huit milliards de dollars. Cette trajectoire descendante marque la poursuite d’une tendance amorcée depuis plusieurs années, bien loin du sommet de 116 milliards de dollars enregistré dans les années 2010.
Une érosion continue des avoirs extérieurs depuis une décennie

Depuis leur point culminant atteint au milieu des années 2010, les réserves de change du pays maghrébin n’ont cessé de fondre. Malgré une timide remontée observée entre 2022 et 2023, le repli a rapidement repris de plus belle.
Les chiffres illustrent cette dégradation progressive : fin octobre 2024, les avoirs extérieurs nets s’élevaient à environ 47 milliards de dollars, contre 67 milliards enregistrés en décembre de la même année. Cette volatilité témoigne des difficultés structurelles de l’économie algérienne à préserver ses ressources en devises.
Les données récentes du Fonds monétaire international confirment cette orientation structurelle négative, avec une courbe qui continue de pointer vers des niveaux historiquement bas pour le pays.
L’impact de la hausse pétrolière absent des statistiques de mars
Les chiffres arrêtés fin mars 2026 ne reflètent pas encore les conséquences de la forte augmentation des cours du pétrole. Le conflit survenu en Iran le 28 février 2026 a provoqué une envolée de près de 50 % des prix sur les marchés au comptant.
Cette flambée n’apparaît pas dans les comptes publics algériens du premier trimestre. Les revenus d’exportation de l’Algérie proviennent principalement de contrats à long terme dont les formules tarifaires ont été révisées pour la dernière fois en 2022.
Le Sahara Blend, principale référence pétrolière algérienne, s’est maintenu aux alentours de 81 dollars le baril durant les trois premiers mois de 2026. Son prix a ensuite grimpé jusqu’à 133 dollars en avril, portant la moyenne sur quatre mois à approximativement 94 dollars.
Un prix moyen supérieur aux prévisions budgétaires
La cotation moyenne du brut algérien sur les quatre premiers mois de l’année, établie à 94 dollars, dépasse largement l’hypothèse retenue dans la loi de finances. Les autorités avaient tablé sur un baril à 60 dollars pour élaborer le budget national.
Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale, écoule la majorité de sa production vers trois destinations européennes prioritaires : le marché espagnol, français et italien. Ces partenaires historiques constituent les principaux débouchés des hydrocarbures algériens en Méditerranée.
Les quantités commercialisées sur les marchés spot demeurent peu documentées dans les publications officielles. Les effets positifs de l’envolée des cours consécutive aux tensions iraniennes devraient se matérialiser dans les statistiques des prochains trimestres.
Des perspectives contrastées pour les mois à venir
L’amélioration des cours du pétrole pourrait offrir un répit temporaire aux réserves de change algériennes dans les mois qui viennent. Néanmoins, cette bouffée d’oxygène ponctuelle ne résout pas les défis structurels auxquels fait face l’économie nationale.
La dépendance persistante aux exportations d’hydrocarbures et la faiblesse des revenus hors secteur pétrolier continuent de fragiliser les équilibres macroéconomiques du pays. L’évolution future des avoirs en devises dépendra largement de la capacité de l’Algérie à diversifier ses sources de revenus extérieurs et à maîtriser ses importations.
