Manar Ben Mastoura, prodige algérienne du calcul mental âgée de 16 ans, s’est imposée en mai 2026 lors du prestigieux concours international Hectoc, organisé en Russie. Cette lycéenne originaire de Tiaret a stupéfié jury et public en résolvant dix équations complexes avec deux minutes d’avance sur le temps imparti. Un exploit qui confirme, une fois de plus, l’émergence de jeunes talents scientifiques au Maghreb.
Manar Ben Mastoura, une surdouée algérienne sur la scène internationale
Ce déplacement en Russie n’est pas le premier sur le plan international pour Manar Ben Mastoura. Dès l’âge de 13 ans, elle participait déjà à des compétitions de calcul mental à l’étranger, notamment en Allemagne, attirant l’attention des meilleurs entraîneurs mondiaux de la discipline.
Issue de l’élite nationale du calcul mental, la jeune Tiaretie a effectué le voyage en Russie accompagnée de sa mère. Sa prestation lors d’Hectoc, concours spécialisé dans les équations mathématiques de haut niveau, a consacré une nouvelle fois son rang parmi les meilleures de la compétition. Le fait qu’une adolescente algérienne de 16 ans rivalise avec des participants du monde entier dans ce type d’épreuve illustre le potentiel scientifique que recèle la jeunesse nord-africaine, encore trop souvent méconnu à l’international.
Plus rapide qu’une calculatrice : le surnom qui en dit long
De retour en Algérie, Manar Ben Mastoura s’est confiée lors d’un passage sur le plateau d’une chaîne télévisée nationale. Stylo en main et simple feuille blanche devant elle, elle a accepté de résoudre en direct plusieurs opérations mathématiques particulièrement ardues. Résultat : la lycéenne a fourni les bonnes réponses avant même que l’animateur n’ait pu valider les calculs sur sa calculatrice. Un moment qui a marqué les téléspectateurs et rappelé pourquoi ses camarades de classe lui ont attribué le surnom de « Casio ». Elle confie avec humour : « Moi, je n’en utilise jamais. »
Cet amour des chiffres remonte à la petite enfance. Ses instituteurs du primaire avaient détecté très tôt ses aptitudes hors du commun et encouragé ses parents à les cultiver. Une intuition qui s’est révélée particulièrement juste.
Une quotidien entièrement tourné vers les mathématiques
Élève en deuxième année secondaire en filière mathématiques à Tiaret, Manar Ben Mastoura mène une vie en apparence ordinaire. Elle avoue cependant ne guère apprécier les matières fondées sur la mémorisation, comme l’histoire ou la géographie.
En revanche, les chiffres occupent son esprit en permanence. « Il m’arrive de chercher des solutions à des équations complexes pendant que je fais la vaisselle avec ma mère, et même de rêver de maths la nuit », confie-t-elle sans la moindre ironie. Là où la plupart des adolescents de son âge consacrent leur temps libre aux réseaux sociaux, Manar y consacre entre quatre et dix heures quotidiennes aux mathématiques, y compris pendant ses trois mois de vacances estivales.
Hectoc : le défi intellectuel qui révèle les génies du calcul mental
La compétition Hectoc est une plateforme mondiale dédiée aux jeux de réflexion et au calcul mental. Son principe repose sur une contrainte précise : combiner les chiffres de 1 à 9, dans l’ordre, en utilisant les quatre opérations arithmétiques de base ainsi que les parenthèses, pour obtenir un total de 100.
La difficulté de certains problèmes est telle que Manar reconnaît parfois passer plusieurs jours à chercher une solution. Cet acharnement illustre une rigueur et une persévérance qui dépassent largement le cadre scolaire classique. C’est précisément cet entraînement régulier et intensif sur des équations Hectoc qui lui a permis de dominer la compétition russe avec une aisance déconcertante.
Échecs, cybersécurité : les autres facettes d’un profil atypique
Le calcul mental n’est pas la seule passion de cette jeune prodige algérienne. Manar Ben Mastoura pratique également les échecs, discipline qui requiert une logique stratégique et une concentration extrêmes, deux qualités qu’elle maîtrise visiblement avec excellence. Sur le plan académique, ses ambitions sont clairement définies. Une fois le baccalauréat obtenu, elle envisage des études supérieures en informatique et en cybersécurité, deux domaines en pleine expansion qui offrent de nombreuses perspectives dans le contexte numérique actuel du Maghreb et du monde.
Manar Ben Mastoura incarne ainsi bien plus qu’une simple championne de calcul mental : elle représente une nouvelle génération de jeunes Algériennes qui brisent les stéréotypes et portent haut les couleurs de l’excellence scientifique africaine sur la scène mondiale.