Euro en Algérie : stabilité sous tension sur le marché noir, malgré une demande toujours forte et des mesures strictes des autorités.
L’euro et le marché noir des devises en Algérie : Analyse des tendances récentes
L’euro a clôturé le mois d’avril en-dessous des 280 dinars sur le marché non officiel des devises en Algérie. La monnaie européenne montre une stabilité relative depuis le début de l’année avec de petites fluctuations. Cette stabilité à un niveau élevé est soutenue par une demande croissante et une offre en baisse.
Ce déséquilibre résulte des mesures strictes mises en place par les autorités pour lutter contre le blanchiment d’argent et le transfert illégal de devises. Parmi ces mesures, figurent l’interdiction de l’utilisation des espèces dans les transactions immobilières et le renforcement des conditions de commerce des voitures importées, en particulier contre les concessionnaires informels.
Tendances des devises : l’euro et le dollar
Sur le marché noir, l’euro était coté à 279,5 dinars au Square Port-Saïd, Alger, le 30 avril, reprenant la valeur du 21 avril. Après avoir dépassé 280 dinars le 19 avril, il est redescendu pour terminer le mois légèrement en dessous de ce seuil. Le dollar américain a également suivi une trajectoire similaire, culminant à 240 dinars le 21 avril, puis chutant à 238,5 dinars le 30 avril.
Malgré un contexte propice à une hausse, dont les vacances d’été et le début du pèlerinage du Hadj 2026, ainsi que les besoins d’importation de véhicules et les études à l’étranger, le dinar reste sous pression par rapport à l’euro et le dollar.
Les explications économiques
Brahim Guendouzi, économiste, attribue la stabilité des taux de change officiels à une amélioration de la balance commerciale au premier trimestre 2026 par rapport à 2025. L’appréciation du dollar, utilisé majoritairement dans le commerce des hydrocarbures, contribue également à la stabilité du dinar.
Sur le marché noir, la demande de devises reste élevée, même avec des contrôles douaniers rigoureux. La forte demande provient de divers secteurs, incluant les importateurs de véhicules âgés de moins de trois ans, les commerçants individuels, les étudiants partant à l’étranger, et les PME. Des achats de devises liés au pèlerinage et des tentatives de transferts illégaux alimentent également cette demande soutenue.
