La préfecture du Val-de-Marne vise à supprimer les retards dans la gestion des titres de séjour d’ici la fin de 2026. Le préfet Étienne Stoskopf a annoncé cette ambition lors d’une réunion avec les maires du département. Actuellement, plusieurs centaines de dossiers restent non traités, malgré l’expiration des titres concernés.
Objectif zéro retard pour les titres de séjour
Le préfet Étienne Stoskopf s’est fixé un cap ambitieux : faire passer le nombre de dossiers en attente de 800 à 0 d’ici décembre 2026. Les dossiers concernés sont ceux liés aux renouvellements de titres de séjour déjà expirés. Cet objectif a été partagé avec les maires du département à l’occasion d’une rencontre récente.
Pour réaliser cela, la préfecture bénéficiera d’un appui en personnel. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l’embauche de 500 contractuels au niveau national d’ici décembre 2026 pour accélérer le traitement des dossiers. Dans cette logique, 34 postes supplémentaires seront dédiés spécifiquement au Val-de-Marne, un ajout significatif pour une équipe habituellement composée d’une centaine de fonctionnaires.
Augmentation notable des demandes
Le Val-de-Marne connaît une augmentation constante des demandes de titres de séjour. Chaque année, environ 82 000 titres sont délivrés dans le département, dont 82 % correspondent à des renouvellements. Cette situation contribue à la charge de travail accrue des services préfectoraux. Selon des données de la préfecture, l’émission de titres a augmenté de 21 % en l’espace de trois ans. Cette tendance a conduit à une accumulation de dossiers en instance. À la fin 2025, les délais se sont allongés et le nombre de requêtes non traitées a considérablement augmenté. Une source préfectorale rapportée par Le Parisien mentionne que les services ont dû simultanément gérer les dossiers accumulés et les nouvelles demandes dès le début de l’année 2026.
Conséquences pour les demandeurs
Les retards dans la délivrance des titres de séjour créent des obstacles administratifs pour les demandeurs. Pablo Krasnopolsky, représentant du Réseau Éducation sans frontières 94 (RESF 94), indique que les prolongations de délai peuvent avoir des impacts sur l’emploi ou le logement des intéressés lorsque leur titre arrive à expiration. Le préfet Étienne Stoskopf assure que les cartes de séjour pluriannuelles restent valides trois mois après leur date d’expiration.
De plus, des attestations de prolongation d’instruction sont fournies afin de préserver les droits des demandeurs. Le préfet a affirmé : « Personne disposant d’une telle attestation ne doit perdre son emploi ou son logement. » Malgré cela, certaines associations expriment des divergences quant à l’acceptation de ces documents par différents organismes administratifs.
Vers une réorganisation nationale pour mieux traiter les dossiers
Une circulaire du 5 avril 2026 émanant du ministre de l’Intérieur enjoint les préfets à accorder la priorité aux renouvellements, notamment en rapport avec l’immigration professionnelle. Cette directive vise à faciliter le traitement des dossiers sur l’ensemble du territoire. Une simplification des documents requis est également envisagée pour diminuer les retards. Au Val-de-Marne, l’incomplétude des dossiers est une source majeure de retard. Parallèlement, une réflexion est menée sur l’intégration de l’intelligence artificielle pour identifier les dossiers dont les titres expirent prochainement. Une telle action pourrait démocratiser les délais de traitement en anticipant les échéances.
