Quelques jours après le tournage d’un documentaire sur ses six décennies de carrière, le célèbre poète et chanteur Lounis Aït Menguellet est arrivé aux États-Unis. Il y animera trois concerts successifs à Chicago, Philadelphie et San Francisco.
À l’invitation d’associations de la diaspora algérienne, Aït Menguellet se produira d’abord à Chicago, une ville où vit une importante communauté algérienne, particulièrement des Kabyles. Suivront des concerts à Philadelphie puis à San Francisco, prévus pour tenter de séduire le public américain.
Lounis Aït Menguellet : ses débuts et sa carrière musicale
À 76 ans, Lounis Aït Menguellet réalise sa première tournée américaine. Bien qu’il ait surtout chanté en Algérie, au Canada, au Maroc et en France dans des lieux mythiques comme l’Olympia, il est considéré par beaucoup comme le « Georges Brassens kabyle ». Sa carrière, commencée en 1966-1967, s’est d’abord fait connaître grâce à sa participation à l’émission « Les chanteurs de demain » sur Radio Algérienne. Sa première chanson, « Ma trud » (« Si tu pleures »), a immédiatement rencontré un large succès.
Au fil des ans, Aït Menguellet a développé son répertoire pour inclure des thèmes romantiques mais aussi des réflexions plus philosophiques et politiques. Introduisant le mandole dans ses compositions dès 1977, il a abordé des sujets comme l’identité kabyle et les droits humains. Malgré une brève incarcération en 1985 pour possession illégale d’armes [source non confirmée], il est resté un fervent défenseur de la culture berbère.
Une carrière marquée par la sagesse et l’engagement
Lounis Aït Menguellet, souvent comparé à Si M’hand ou Mhand, a écrit et composé des dizaines de chansons qui résonnent encore aujourd’hui. Son parcours artistique est émaillé de collaborations et d’hommages, attestant son influence traversant les générations et les frontières culturelles.
Malgré quelques critiques pour sa présence à un rassemblement politique aux côtés du président Abdelaziz Bouteflika au début des années 2000, Aït Menguellet est souvent décrit comme une « oasis » par l’écrivain Yasmina Khadra, pour qui l’artiste incarne un symbole de paix et de réconfort. Il est célébré pour son aptitude à transcrire des émotions universelles et des questionnements profonds au-delà des frontières.