En 2025, la France a octroyé 1 655 titres de séjour au titre des « métiers en tension », comme le révélait le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, dans une communication adressée aux préfets et relayée par l’AFP le 15 avril 2026. Ce dispositif vise à permettre aux travailleurs étrangers déjà installés en France et employés dans des secteurs touchés par une pénurie de main-d’œuvre, de régulariser leur statut de séjour.
Les critères d’éligibilité en France
L’octroi de ces titres de séjour est soumis à des conditions strictes. Les demandeurs doivent avoir travaillé au moins 12 mois au cours des deux dernières années, la preuve étant apportée par des bulletins de salaire. En outre, une présence d’au moins trois ans sur le territoire français est requise. Ce système repose sur une liste officielle mise à jour en mai 2025, comprenant environ 80 métiers jugés en tension. Parmi ces professions, on trouve des métiers comme aide à domicile, infirmier, cuisinier, employé du bâtiment, travailleur agricole, et agent d’entretien. Certains emplois sont classifiés en tension uniquement dans certaines régions. Par exemple, les géomètres en Normandie ou les tuyauteurs en Île-de-France. La liste est révisée chaque année pour refléter les besoins du marché.
Un nombre limité de titres délivrés
Malgré l’objectif de ce dispositif, seules 1 655 régularisations ont été effectuées en 2025 via cette voie. Selon Laurent Nuñez, « seulement 50 % des dossiers ont été traités par les préfectures ». De manière plus générale, 9 690 admissions exceptionnelles au séjour pour motif économique ont été enregistrées la même année. Le début de l’année 2026 semble s’orienter vers une tendance similaire, amenant le ministre à demander plus de vigilance dans l’application du dispositif par les préfets. Cependant, il clarifie que l’obtention d’un titre de séjour n’est pas garantie automatiquement à travers ce programme.
La liste des métiers en tension suscite des critiques. Jean-Albert Guidou, secrétaire général de la CGT à Bobigny, conteste la méthodologie utilisée pour la composer. Il pointe le fait que plusieurs secteurs employant un nombre significatif d’étrangers, tels que le bâtiment ou une partie de la restauration, ne figurent pas suffisamment sur cette liste. En Île-de-France notamment, des emplois fortement demandés comme serveurs ou aides de cuisine ne sont pas reconnus comme en tension, malgré le besoin persistant.
Une diminution des régularisations
Les statistiques de 2025 soulignent une réduction notable des régularisations à travers le travail. Les admissions exceptionnelles ont chuté de 42 %, et les régularisations par le travail ont diminué de 54 %. Cette tendance résulte en partie de la mise en œuvre de la circulaire Retailleau, qui a durci les conditions d’accès aux régularisations pour les travailleurs sans papiers. Les titres de séjour pour « métiers en tension » ne constituent qu’une faible part des régularisations totales.
Le ministère de l’Intérieur met également l’accent sur l’importance du suivi des situations irrégulières. Laurent Nuñez appelle à une plus grande implication des autorités préfectorales dans le traitement des dossiers complexes, tout en relevant une augmentation de 8,3 % des expulsions en février 2026 par rapport à l’année précédente. Cette politique vise à améliorer la gestion concertée des régularisations avec un contrôle administratif intensifié.