Dans un contexte particulièrement difficile pour l’Europe, l’Algérie s’affirme comme un partenaire incontournable, alors que le Maroc, en revanche, apparaît comme un allié peu utile. Ce constat est d’autant plus étonnant compte tenu du soutien affiché par plusieurs pays européens envers le Maroc dans le débat sur le Sahara occidental.
L’Algérie, un partenaire énergétique fiable
Pour la deuxième fois en l’espace de quatre ans, l’Algérie se positionne comme un soutien pour ses partenaires européens, prête à leur fournir le gaz nécessaire. Le pays témoigne de sa volonté d’honorer ses engagements envers ses clients traditionnels, tout comme il l’a fait en 2022, sans utiliser le gaz comme un moyen de pression diplomatique.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix des hydrocarbures, l’Algérie reçoit des demandes croissantes, en particulier de l’Italie et de l’Espagne, deux de ses plus grands clients, connectés par des gazoducs. En 2022, même la France a sollicité et obtenu des volumes supplémentaires de gaz naturel liquéfié.
Maintien des engagements malgré les tensions
Des tensions ont par ailleurs émaillé les relations entre l’Algérie et l’Europe. Les échanges entre l’Algérie et l’Espagne ont été suspendus de mars 2022 à novembre 2024, et une crise similaire perdure avec la France depuis juillet 2024, incluant des mesures inédites telles que l’expulsion réciproque de diplomates. Néanmoins, les livraisons de gaz à l’Espagne et à la France ont continué sans interruption. L’Algérie a su maintenir ses engagements contractuels, lui conférant une réputation de « fournisseur énergétique fiable. »
Récemment, le président algérien a reçu des ministres des Affaires étrangères espagnol et italien pour demander de nouvelles quantités de gaz, confirmant ainsi son engagement à répondre aux besoins européens, en fonction de ses capacités.
La crédibilité de l’Algérie face aux difficultés du Maroc
En réponse à la crise engendrée par le blocage du détroit d’Ormuz, l’Europe a naturellement tourné son regard vers l’Algérie, délaissant le Maroc, qui ne peut apporter aucune ressource. Le royaume de Mohammed VI, en proie à des difficultés économiques accrues, s’avère être un poids pour ses partenaires. Les relations européennes avec le Maroc ont été émaillées de scandales et de tensions, notamment en 2021, lorsque Rabat a provoqué une crise migratoire avec l’Espagne.
Le royaume marocain, qui n’a pas d’autres atouts à offrir sur le plan économique ou diplomatique, se concentre principalement sur la question sahraouie. Malgré ses efforts pour renforcer ses alliances au Moyen-Orient, son influence reste faible et passe souvent par l’imposition de faits accomplis, particulièrement concernant sa colonisation du Sahara occidental, au détriment de sa souveraineté. Malgré son alignement avec certains alliés, ces derniers semblent incapables de peser dans les moments difficiles, mettant ainsi en péril leurs relations avec un partenaire aussi important que l’Algérie.