Jean-Noël Barrot, le ministre français des Affaires étrangères, a récemment fait un point sur les négociations en cours entre la France et l’Algérie au sujet des questions migratoires. Il a mentionné l’émergence de « premiers résultats », notamment en ce qui concerne les sans-papiers algériens en France, après une période de blocage dans les échanges entre les deux nations.
Un réchauffement des relations franco-algériennes
Au cours d’un entretien avec l’Agence France-Presse, Jean-Noël Barrot a déclaré : « Nous observons des premiers résultats qui se confirment et se développent ». Cette déclaration intervient dans un contexte de reprise des discussions bilatérales, après plusieurs mois de coopération restreinte sur ces sujets. Cette reprise des échanges a été renforcée par la visite de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, à Alger, qui avait pour objectif de rétablir des relations concrètes entre les administrations des deux pays, surtout concernant les reconduites à la frontière.
Jean-Noël Barrot a précisé que la France avait « pu faire entendre un certain nombre d’attentes, notamment concernant les reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière ». Il a ajouté qu’en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, il est essentiel d’obtenir la coopération des autorités algériennes pour les reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière.
Laissez-passer consulaire pour les expulsions
Pour procéder à une expulsion, une étape administrative est cruciale : l’obtention d’un laissez-passer consulaire. Ce document, délivré par les autorités algériennes, confirme la nationalité algérienne de la personne concernée. Jean-Noël Barrot a souligné l’importance de ce processus en affirmant : « Il est indispensable que les autorités consulaires algériennes en France soient en mesure de délivrer les laissez-passer consulaires requis pour ces reconduites à la frontière ». Il a indiqué que cette coordination nécessite l’implication du ministère de l’Intérieur ainsi que du ministère des Affaires étrangères. Du côté algérien, la reprise de ces démarches nécessite la délivrance d’agréments pour les agents consulaires en France. Ces autorisations sont nécessaires pour réactiver les procédures administratives relatives aux expulsions.
Blocage des procédures et reprise des contacts
Avant toute reconduite à la frontière, des auditions consulaires sont organisées. Ces entretiens visent à vérifier l’identité des personnes concernées et à confirmer leur nationalité. Les auditions avaient été suspendues durant plusieurs mois en raison de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, entraînant un arrêt des expulsions. Les dernières réadmissions d’Algériens remontent au début de l’année 2025, et depuis lors, les démarches avaient été bloquées en raison du manque de coopération administrative.
Le 15 mars, un échange a eu lieu entre Jean-Noël Barrot et son homologue algérien, constituant le premier contact à ce niveau depuis plusieurs mois. Cette discussion vise à relancer les relations entre les deux nations, abordant tant les questions migratoires, telles que la gestion des sans-papiers algériens, que les problématiques de sécurité. À ce stade, les autorités françaises évoquent une reprise progressive des mécanismes de coopération, sans toutefois fournir de calendrier ou de chiffres précis.