Dans un entretien accordé à TSA, Karim Amellal, écrivain et ancien ambassadeur de France pour la Méditerranée d’origine algérienne, partage sa perspective sur le conflit au Moyen-Orient. Il traite plus spécifiquement de la guerre entre Israël et l’Iran, qu’il qualifie d’« absurde », ainsi que de ses conséquences sur des villes comme Dubaï et sur le modèle de développement des Émirats.
Le parapluie sécuritaire américain : une illusion ?

La guerre contre l’Iran met en lumière un paradoxe majeur : bien que les États-Unis aient déployé une force militaire impressionnante, ils ne parviennent pas à garantir la sécurité de leurs alliés dans la région, notamment les pays du Golfe. Cette incapacité soulève des inquiétudes quant à leur rôle, qui s’est transformé en acte de déstabilisation.
Karim Amellal avance que les États-Unis incitent les nations du Golfe à s’engager dans un conflit contre l’Iran. Selon lui, la résistance iranienne est plus forte que prévue et le peuple ne semble pas se soulever contre son gouvernement, ce qui complique davantage la situation. Face à l’escalade des hostilités, les pays arabes, avec l’Arabie Saoudite en tête, se trouvent en quête d’aide, malgré une réticence à entrer directement en guerre.
Les facteurs déterminants de la fin du conflit pour Karim Amellal
Amellal identifie trois éléments cruciaux qui pourraient déterminer l’issue de ce conflit. D’abord, la capacité de l’Iran à maintenir une guerre asymétrique, notamment à travers des actions dans le détroit d’Ormuz, qui impacte l’économie mondiale. Ensuite, le coût élevé de cette guerre pour les États-Unis et Israël, qui pourrait provoquer une pression accrue pour mettre fin aux affrontements. Enfin, l’absence actuelle d’une solution diplomatique crédible constitue un obstacle majeur à une résolution pacifique.
Karim Amellal rappelle que le président Emmanuel Macron a récemment affirmé que la France ne souhaitait pas s’impliquer dans cette guerre. Cette position est justifiée par le fait que le conflit est jugé illégal et déstabilisateur. La France se positionne donc en tant qu’observateur plutôt qu’acteur du conflit.
Les pays du Golfe : une prudence nécessaire
Bien que les pays du Golfe, tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Émirats, exercent des pressions sur les États-Unis afin d’agir contre l’Iran, ils restent prudents et cherchent principalement à éviter une implication directe dans le conflit en raison des risques de représailles.
À court terme, Dubaï subit une baisse de son attractivité, marquée par le départ d’expatriés occidentaux et une forte diminution du tourisme, ce qui menace son image de lieu sûr pour les voyageurs. Ainsi, le modèle de développement des Émirats arabes unis, reposant sur une stabilité politique et un tourisme de luxe, est mis à mal.
