Noureddine Djoudi, figure emblématique de la diplomatie algérienne, est décédé le 14 mars à l’âge de 92 ans, selon des informations rapportées par l’agence de presse officielle APS.
Un parcours marqué par la Révolution
Né en 1934, Noureddine Djoudi s’est engagé très tôt dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, jouant un rôle clé dans la mise en place de la diplomatie algérienne durant la guerre de Libération. Après l’obtention d’une licence en littérature anglaise à Montpellier en France, il a rejoint la révolution en 1955.
À l’issue de l’indépendance, il a occupé divers postes, dont celui d’ambassadeur, et a dirigé l’Association internationale des amis de la Révolution algérienne. Il a également représenté le Front de libération nationale (FLN) à Londres et a participé activement en tant que membre de l’Armée de libération nationale (ALN), notamment aux frontières ouest du pays.
Hommage aux contributions de Noureddine Djoudi
Tout au long de sa carrière diplomatique, qui l’a conduit à œuvrer dans plusieurs capitales africaines, Noureddine Djoudi s’est distingué par son soutien aux mouvements de libération à travers le continent. Il est reconnu pour avoir été l’instructeur du célèbre leader sud-africain Nelson Mandela lors de son passage en Algérie en 1962.
Dans une interview accordée à TV5 Monde en 2019, Djoudi a exprimé sa surprise face à la stature que Mandela a acquise, soulignant déjà à l’époque les qualités de leader qu’il dégageait. À son retour en Algérie en 1990, Mandela a déclaré : « C’est l’Algérie qui a fait de moi un homme », rendant ainsi hommage à son passage dans le pays.
Après l’indépendance, Djoudi est devenu le premier représentant d’Algérie en tant qu’ambassadeur en Afrique du Sud. Par ailleurs, un autre diplomate algérien notable portant le nom de Djoudi est Hocine Djoudi, qui a également été ambassadeur à Paris et représentant d’Algérie à l’ONU. Il était le père du regretté ministre des finances Karim Djoudi et est décédé en 2023 à l’âge de 92 ans.
Dans un message de condoléances adressé à la famille de Noureddine Djoudi, le président de la République a exprimé sa profonde tristesse, saluant le parcours exemplaire de ce moudjahid et sa contribution significative au sein du ministère des Affaires étrangères ainsi qu’auprès des organisations internationales.
Le chef de l’État a également rappelé son engagement au sein de la Révolution et son honneur d’avoir formé Nelson Mandela au maniement des armes durant son séjour au sein des unités de l’ALN.