L’Algérie a récemment imposé aux entreprises un nouveau dispositif dans le cadre de sa politique visant à maîtriser et rationaliser ses importations : le Programme Prévisionnel d’Importation (PPI). Cette initiative apparait dans un contexte où le pays recherche un équilibre optimal entre la régulation des importations et le dynamisme économique nécessaire à la relance de la production locale, stimulée indirectement par les importations.
Implémentation et objectifs du PPI en Algérie
Initié en juillet dernier par le ministère du Commerce extérieur, le PPI concerne tous les acteurs économiques qui procèdent à des importations, que ce soit pour leur revente directe ou pour leur usage propre. Ce programme, qui est une condition sine qua non pour la domiciliation bancaire des opérations d’importation pour le deuxième semestre de 2025, a affecté environ 300,000 entreprises. En décembre, le gouvernement a décidé de reconduire ce dispositif pour le premier semestre de 2026.
Le but primordial de cette mesure est de diminuer considérablement la facture d’importation qui a enregistré une augmentation significative de 30,6 %, s’établissant à 30 milliards de dollars au premier semestre de 2025. Cette hausse fait suite aux nombreux grands projets d’infrastructures qui nécessitent des importations massives en équipements et en matériaux, et souvent avec la participation de sociétés étrangères qui transfèrent ensuite leurs bénéfices hors du pays, influençant négativement les réserves de change nationales.
Le défi de lutter contre la fraude et d’encourager la production locale en Algérie
Le gouvernement en Algérie vise également à renforcer la lutte contre les fraudes et les pratiques illégales parmi les importateurs. Selon le ministre du Commerce extérieur, certains importateurs abusent du système en déclarant l’achat de matières premières pour leur usage propre avant de les revendre au marché noir, contribuant ainsi à l’évasion fiscale. Le PPI entend aussi promouvoir la production nationale en limitant les importations aux produits qui ne sont pas fabriqués localement ou qui sont en quantité insuffisante pour répondre à la demande interne.
Le Président Abdelmadjid Tebboune a souligné l’importance de ce dispositif, considérant voire stigmatisant certains importateurs qui, sous couvert d’opérations légitimes, mènent des activités considérées comme abusives ou frauduleuses. Cependant, la bonne application du PPI sur le terrain rencontre des défis, notamment en raison des délais prolongés dans le traitement des dossiers d’autorisation, ce qui ralentit les projets d’entreprise et les expose aux fluctuations des coûts internationaux.
Le Programme Prévisionnel d’Importation demeure un outil crucial mais complexe, requérant des ajustements réguliers pour s’adapter efficacement aux impératifs économiques et aux urgences du moment. Ces ajustements, bien que nécessaires, compliquent parfois la démarche des entreprises aspirant à se conformer aux nouvelles régulations.