Les incidents récents provoqués par la nature au Maroc, notamment dans le Rif, ont mis en lumière les défis cachés d’un pays qui aspire à projeter une image de modernité et de prospérité à travers des initiatives de prestige onéreuses.
Crise humanitaire dans le Rif suite aux inondations
Le Rif marocain a été durement touché par de récentes intempéries, exposant la vulnérabilité de nombreux citoyens marocains. Les victimes de ces catastrophes sont souvent laissées à elles-mêmes, exacerbant leur détresse. Un résident de la région de Chefchaouen, dans un appel poignant relayé par DW Arabiya, a exprimé le désarroi de sa communauté: « Nous nous sentons abandonnés. Une semaine est passée sans que nous n’ayons rien à manger. C’est une honte !«
La région a connu de sévères dégradations dues aux pluies torrentielles récentes, endommageant plus de 700 habitations et annihilant les biens essentiels des résidents, y compris leur bétail modeste. L’accès est également compromis avec la destruction de nombreuses routes locales.
La réponse insuffisante face à la catastrophe
Malgré les dégâts évidents, la déclaration de Chefchaouen comme zone sinistrée n’a pas été validée par les autorités, arguant que la région ne remplit pas les critères nécessaires pour une telle reconnaissance. Surprenamment, un des critères mentionnés par le ministre de l’Équipement est la nécessité d’avoir subi 504 heures consécutives de pluie, soit 21 jours continus, indépendamment des dommages réels infligés.
Les témoignages locaux soulignent l’urgence de la situation. « J’ai perdu toutes mes chèvres. Je suis maintenant sans domicile avec mes enfants, et je demande aux responsables de venir constater par eux-mêmes, » déclare un habitant sinistré. Une autre citoyenne raconte comment elle a été forcée d’évacuer sa maison en pleine nuit, ne pouvant rien emporter de précieux pour ses enfants.
Le Rif, miroir des failles du développement territorial
Comme le rappellent des catastrophes antérieures, telles que le tremblement de terre dans le Haut Atlas, ces inondations révèlent l’existence de zones de grande précarité et un manque de développement dans les régions éloignées des centres touristiques, ainsi que l’incapacité du gouvernement à réagir efficacement en temps de crise. Entre-temps, les dépenses continues du gouvernement marocain en infrastructures sportives et en acquisitions militaires, notamment de son nouvel allié israélien, contrastent fortement avec les besoins urgents des populations sinistrées.
La situation dans le Rif marocain reste critique et appelle à une réaction plus forte et plus rapide des autorités pour aider les sinistrés et envisager des mesures préventives futures. Le cri de détresse du Rif ne doit pas rester sans réponse.