Le secteur du transport maritime entre la France et l’Algérie est le théâtre d’une vive compétition entre plusieurs acteurs clés. Corsica Linea et Grandi Navi Veloci (GNV) sont au centre de cette lutte pour le marché, le tout exacerbé par des frictions concernant les pratiques de concurrence et les politiques d’emploi. Le trafic maritime en provenance du port de Sète, crucial pour les liaisons avec l’Algérie, est particulièrement affecté par ces enjeux.
Initialement concentrée sur les liaisons avec la Corse, Corsica Linea a diversifié ses activités en se lançant dans les traversées vers l’Algérie en 2023. Cette nouvelle étape marque leur troisième année d’opération sur cette route en 2026. Parallèlement, GNV a entamé ses services vers l’Algérie en juin 2025 et 2026 représentera sa première année d’opération continue. Ces entreprises s’affrontent pour dominer la desserte maritime vers l’Algérie.
Pratiques sociales discordantes et implications pour les syndicats
Corsica Linea, fidèle à des obligations de service public, emploie des équipages sous le droit social français, tandis que GNV, qui opère sous un pavillon étranger, profite d’une réglementation sociale plus flexible. Cette disparité provoque des tensions entre les compagnies, avec des syndicats comme la CGT qui accusent GNV de concurrence déloyale en raison de ces avantages sociaux et fiscaux divergents.
La CGT insiste sur l’importance d’égaliser les conditions de travail entre les opérateurs, demandant des règles uniformes pour les rémunérations, les temps de repos et les protections sociales pour les équipages. D’autre part, le syndicat plaide pour la préservation de l’emploi maritime sous statut français, résistant à l’influence des modèles d’emploi sous pavillon étranger.
Impact des conflits sur l’avenir du port de Sète
Le port de Sète, un pivot pour le trafic passagers vers l’Algérie, ressent les répercussions de ces tensions. L’objectif est de générer un trafic passager régulier, avec des perspectives d’augmentation significative d’ici 2030. Toutefois, les désaccords relatifs aux différences de traitement social et fiscal entre Corsica Linea et GNV compliquent cette ambition, mettant en péril la stabilité et le développement futur.

Controverse autour du dumping social dans le secteur maritime
Le dumping social est au cœur du débat entre ces compagnies maritimes, engendrant des critiques sur les écarts de traitement entre équipages français et étrangers. Malgré l’introduction de la loi Le Gac en 2023, qui vise à établir un minimum social dans le secteur, elle ne s’applique pas intégralement aux routes méditerranéennes connectant la France à l’Algérie. Ainsi, GNV et d’autres opérateurs bénéficient de coûts d’exploitation réduits, ce qui inquiète quant à la survie des lignes sous pavillon français et de l’emploi maritime national.