Après avoir passé 33 ans en France, un ressortissant tunisien s’est vu notifier un refus implicite par la préfecture de Paris pour sa demande de titre de séjour. Le tribunal administratif s’est penché sur la légalité de ce refus et a décidé d’annuler cette décision, ordonnant un réexamen du dossier du demandeur.
Contexte de la demande de titre de séjour en France
Né en 1973, M. LM, citoyen tunisien, affirme être arrivé sur le sol français en 1993. Il a déposé une demande pour un titre de séjour mentionnant « vie privée et familiale » au préfet de police de Paris le 9 juillet 2024.
Le 3 mars 2025, par une requête appuyée le 9 décembre 2025, il a sollicité l’annulation de ce qu’il considérait comme une décision implicite de refus de l’administration, en raison de son silence. Il a également demandé au tribunal de contraindre le préfet de police à réévaluer sa requête dans un délai d’un mois après le jugement, sous peine d’une amende journalière de 200 euros, et de lui délivrer le titre demandé.
Silence de l’administration et implications légales
D’après l’article R. 432-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), une absence de réponse de l’administration sous quatre mois constitue un refus implicite. Dans ce contexte, le silence du préfet de police de Paris a conduit à un rejet implicite le 9 novembre 2024.
Représenté par Me Fayçal Megherbi, avocat au barreau de Paris, M. LM a réclamé les raisons de cette décision dans un courrier du 2 novembre 2024, qui a été reçu par l’administration le 27 janvier 2025. Cependant, il n’a pas obtenu de réponse et l’administration n’a pas non plus présenté d’arguments en défense devant le tribunal.
Décision du tribunal et prochaine étape
Il a été rappelé par le tribunal que les décisions administratives individualisées devaient fournir une motivation lorsqu’elles limitent les libertés publiques. Bien que l’absence de justification ne rende pas illégale une décision implicite, les raisons doivent être fournies sur demande dans un mois suivant un recours, comme indiqué dans l’article L. 232-4 du Code des relations entre le public et l’administration.
L’absence de réponse explicite a conduit le tribunal à considérer le rejet implicite comme étant dépourvu de motivation légitime, entraînant son annulation. Un réexamen du dossier dans un délai de trois mois est imposé au préfet de police ou à l’autorité compétente, conformément aux termes établis par le jugement du tribunal.