Laurent Nunez, le ministre français de l’Intérieur, débute ce lundi 16 février une visite de deux jours en Algérie. À Paris, cette visite soulève l’espoir d’une résolution de la crise diplomatique qui perdure depuis plus de 18 mois entre les deux nations. Néanmoins, beaucoup d’observateurs appellent à la prudence, soulignant que ce déplacement ministériel ne suffira probablement pas à restaurer intégralement les relations d’antan entre les deux pays.
Les enjeux et défis liés à la visite
La décision de Laurent Nunez de se rendre à Alger n’a pas été immédiate, ce qui témoigne de la sensibilité du sujet en France. Après avoir accepté l’invitation de son homologue algérien en octobre dernier, il a initialement posé des conditions, avant de finalement partir sans exigences préalables.
Ce déplacement suscite des divergences au sein de la scène politique française, particulièrement en raison des pressions exercées par les détracteurs des relations franco-algériennes. Certains souhaitent que Nunez adopte une posture ferme lors de sa rencontre à Alger, contrairement à son prédécesseur Bruno Retailleau.
Le député du Rassemblement national (RN), Laurent Jacobelli, estime que « c’est le retour qui comptera », et croit fermement que la France, en tant que grande puissance, a la capacité d’imposer sa volonté en usant d’une diplomatie musclée, doutant de l’efficacité d’une approche plus souple.
Espoir d’un réchauffement des relations
De l’autre côté, certains acteurs prônent une réconciliation plus sereine avec l’Algérie et y voient des signes favorables. Selon la députée écologiste Sabrina Sebaihi, il pourrait s’agir d’un moment de désescalade de la crise. Des sources diplomatiques relayées par l’agence de presse française indiquent par ailleurs que Laurent Nunez adoptera, à Alger, une approche plus conciliante que celle de Bruno Retailleau, sans ambitions démesurées mais avec l’objectif essentiel de rétablir le dialogue sécuritaire.
Les médias expriment des attentes mesurées quant à l’issue de cette visite. Bien que certains éditorialistes soient sceptiques quant à une normalisation rapide des relations, des résultats modestes mais positifs sont espérés. Antoine Lecomte, éditorialiste de France Info, estime que Laurent Nunez, connu pour sa diplomatie, pourrait revenir de ce déplacement avec des avancées significatives, contrastant avec l’approche plus conflictuelle de son prédécesseur.