Le débat sur la binationalité dans le football, précédemment focalisé sur l’Algérie, se déplace désormais vers la Tunisie. Dès sa nomination, Sabri Lamouchi, choisi pour succéder à Sami Trabelsi en tant que sélectionneur des Aigles de Carthage, se trouve confronté à cette problématique.
Sabri Lamouchi sur le statut des joueurs binationaux
L’ancien joueur de l’équipe de France a partagé son expérience personnelle pour illustrer le parcours des joueurs binationaux. Lors d’une conférence de presse, il a été interrogé sur la situation de Rani Khedira, un joueur germano-tunisien pressenti pour intégrer l’équipe de Tunisie en vue du mondial 2026.
Lamouchi a déclaré : « Je ne supplierai personne pour venir jouer pour la Tunisie, nous voulons recruter des joueurs qui apporteront une vraie plus-value à l’équipe. » Bien qu’il n’ait pas directement mentionné le nom de Rani Khedira, milieu de terrain à l’Union Berlin, son commentaire semblait s’adresser à ce dernier.
Une identité partagée, un atout pour la sélection tunisienne
Le Franco-Tunisien a souligné : « Il n’existe pas de frontières entre binationaux et locaux, nous sommes tous Tunisiens, ce qui est primordial. » Sabri Lamouchi a évoqué les difficultés rencontrées par les joueurs ayant une double nationalité : « En France, je n’étais pas vu comme un Français, alors qu’en Tunisie, je ne l’étais pas considéré comme Tunisien. En signant un contrat en club, je devenais Français, mais quand je quittais le club, j’étais Franco-Tunisien. »
Il a conclu en affirmant que ces différences ne l’affectaient pas personnellement : « Je suis bien conscient de mon identité et n’en fais pas un problème. C’est un avantage de posséder une double culture et identité. » Lamouchi a insisté sur le fait que les jeunes joueurs sont tunisiens dès qu’ils choisissent de représenter la Tunisie.
Sabri Lamouchi, aujourd’hui âgé de 54 ans, a évolué dans les années 1990 et 2000 à des niveaux élevés, jouant pour des clubs tels qu’Auxerre, Marseille, Parme et l’Inter Milan. En tant qu’international, il a représenté la France à 12 reprises entre 1996 et 2001, même s’il n’a pas participé à la Coupe du Monde 1998. Comme entraîneur, il a dirigé des équipes comme la Côte d’Ivoire et Nottingham Forest.