La commission mixte de haut niveau Maroc-Égypte devait se tenir le mercredi 11 février au Caire. Cependant, cette réunion a été reportée à une date indéterminée, officiellement pour des « contraintes d’agenda ».
Tensions Maroc-Égypte liées à Tebboune et Al-Sissi
À Rabat, certains interprètent ce report comme un signe de mécontentement du Maroc à la suite d’un échange récent entre les présidents algérien et égyptien, Abdelmadjid Tebboune et Abdelfattah Al-Sissi, via les médias. Ce n’est pas la première fois que l’harmonie entre Alger et Le Caire suscite des réactions à Rabat. Un échange similaire a eu lieu il y a quelques semaines en novembre.
Selon un média marocain, cette situation complexe est le reflet d’une relation bilatérale où politique et économie sont intimement liées, en dépit des discours officiels. L’événement était en préparation depuis un entretien téléphonique fin janvier entre les deux chefs de la diplomatie. D’après des sources informées, le report aurait été convenu d’un commun accord et pourrait être lié à un remaniement ministériel prévu au Caire.
Inquiétude marocaine face à l’échange Tebboune-Al-Sissi
Le média marocain hésite à croire à la version officielle et préfère s’attarder sur d’autres indices, indiquant un climat pas entièrement serein entre Rabat et Le Caire, tant sur le plan politique que commercial. Plus en détail, il mentionne les commentaires du président algérien Tebboune, le 7 février, rappelant le soutien de l’Égypte à l’Algérie lors de l’agression marocaine de 1963, connue sous le nom de guerre des sables.
Le président algérien a affirmé son soutien indéfectible à l’Égypte. Le lendemain, Al-Sissi a salué ces propos, se réjouissant de leurs liens historiques profonds et de leur solidarité. Cet échange fraternel pourrait donc expliquer l’agacement de Rabat et le report de la réunion, selon les observations relayées par le média marocain. En novembre, après une visite du Premier ministre algérien au Caire, Rabat avait déjà instauré des mesures antidumping contre des produits égyptiens.
Antécédents avec la Tunisie et la France
Ces dernières années, toute alliance de l’Algérie avec un autre pays n’est pas perçue favorablement par le Maroc. En 2022, la Tunisie a également connu des tensions avec Rabat, officiellement pour avoir accueilli le président sahraoui, mais en réalité, en raison de sa proximité avec Alger.
La France a, pour sa part, subi des pressions entre 2021 et 2023 lorsqu’Emmanuel Macron a tenté de renforcer ses relations avec l’Algérie. En outre, le Maroc et l’Éthiopie ont récemment scellé un accord militaire, peu de temps avant le report de la commission mixte avec l’Égypte, qui a un conflit non résolu avec l’Éthiopie sur le barrage du Nil .