Abdelkader Bouguettaia, âgé de 38 ans et possédant la double nationalité franco-algérienne, a été condamné par la juridiction interrégionale spécialisée de Lille ce vendredi 30 janvier 2026. Il a été reconnu coupable d’avoir orchestré un réseau de trafic de cocaïne à travers le port du Havre, recevant une peine de vingt ans de prison avec deux tiers de période de sûreté, ainsi qu’une amende d’un million d’euros. Ce verdict fait suite à de précédentes condamnations par défaut entre 2022 et 2024, qu’il avait contestées, menant à un nouveau procès fin 2025.
Enquêtes et condamnations
La condamnation repose sur trois affaires liées à l’importation de cocaïne au Havre, impliquant plus de deux tonnes de drogue selon le parquet de Lille. Des peines de neuf à quinze ans avaient été proposées dans deux des affaires antérieures, alors qu’aucune condamnation n’avait été suggérée dans la troisième en raison de doutes sur l’enquête. Au terme du récent procès, Bouguettaia a été acquitté dans ce dernier dossier, bien que jugé coupable pour les deux autres, aboutissant à la peine cumulée de vingt ans. Les affaires principales ont été jointes pour un jugement plus cohérent.
Modus operandi du réseau de trafic
La stratégie du réseau mené par Bouguettaia comprenait la dissimulation de cocaïne dans des cargaisons licites. Parmi les méthodes, figuraient l’utilisation de gélatines de bœuf et de lames de bois du Brésil, ainsi que des conteneurs de miettes de thon sous vide venant d’Équateur. Environ trente personnes, agissant à divers niveaux, composaient ce réseau criminel. Les investigations ont révélé qu’il était l’élément central de la planification et de l’exécution des opérations de trafic.
Détails du procès et de la défense
Durant le procès, Bouguettaia a été décrit comme un chef, surnommé « Bibi », qu’il admet avoir depuis l’enfance. Il a contesté toute implication en tant que leader du réseau, affirmant que certains cherchaient à lui attribuer des charges disproportionnées. Ses avocates ont plaidé pour l’acquittement, contestant certaines preuves et imputations, mais la juridiction a maintenu sa responsabilité, s’appuyant sur ses antécédents criminels liés à la drogue. Son arrestation à Dubaï conclut un long processus judiciaire, consolidant ainsi sa condamnation pour trafic international de stupéfiants.