Le développement de la finance islamique en Algérie progresse avec l’introduction le mardi 27 janvier des premiers sukuk souverains, une opération atteignant 296,65 milliards de dinars, équivalent à environ 2,3 milliards de dollars selon le taux de change actuel. Ce mouvement marque un tournant décisif dans le paysage financier du pays.
Sukuk souverains et leur conformité à la Charia
Les sukuk souverains représentent des instruments d’investissement alignés sur les principes de la charia, et reposent sur la structure Ijara. Ces titres se fondent sur un ensemble d’actifs publics réels, proposant aux investisseurs un placement sécurisé et rentable, exempté de l’impôt sur le revenu global et des droits de timbre. Ils offrent également une flexibilité de liquidité et peuvent être utilisés comme garantie. Selon la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité, les sukuk sont soutenus par l’usufruit d’actifs immobiliers appartenant à l’État, transmis aux souscripteurs dans le cadre d’une vente conforme à la finance islamique.
Encourager l’épargne nationale
L’objectif principal de l’émission de ces sukuk est de diversifier les sources de financement de l’État et de mobiliser l’épargne nationale, tout en proposant des instruments financiers respectant les préceptes de la finance islamique. Le Trésor public met à disposition des investisseurs des titres sukuk souverains Ijara, ciblant un montant total de 296,65 milliards de dinars. Les souscriptions sont ouvertes tant aux personnes physiques algériennes, résidentes ou expatriées, qu’aux personnes morales de droit algérien, sous forme au porteur, avec des coupures de 100 000 et 1 000 000 dinars.
Les conditions de souscription
Au moment de la première souscription, l’identification des souscripteurs est essentielle, impliquant la mention de leur nom, prénom, et numéro d’identification national ou fiscal selon le cas. Les sukuk ont une maturité de sept ans, avec une période de souscription ouverte jusqu’à l’atteinte du montant cible fixé au début de 2026. Pour attirer les investisseurs, un rendement annuel net de 6 % est proposé, excédant largement celui des produits d’épargne classiques, tout en bénéficiant d’une exonération fiscale et de la compatibilité avec la charia islamique.
Le paiement de la souscription peut se faire par divers moyens, y compris en espèces, avec des modalités spécifiques pour les chèques. Le rachat des sukuk à l’échéance s’effectuera au profit du détenteur, avec la possibilité d’un rachat anticipé à leur valeur de marché après trois ans, bien que ceci entraîne la perte de l’exonération fiscale. Les sukuk peuvent également être négociés librement et admis à la bourse lorsqu’ils sont souscrits via les banques.
