Depuis le début de l’année 2026, un nouveau test civique a été mis en place pour les étrangers sollicitant un titre de séjour en France. Ce test, qui évalue la compréhension de la culture, l’histoire, et les valeurs françaises, est devenu un élément incontournable du processus. Le test comprend 40 questions : 28 d’ordre théorique et 12 portant sur des mises en situation pratiques. Pour le réussir, il est nécessaire d’atteindre au moins 32 bonnes réponses.
Retours des participants
Pour certains candidats, le test se présente comme un véritable défi. Par exemple, Lassana, originaire du Mali et résidant en France depuis une décennie, a réussi à obtenir un score de 37 sur 40. Il a jugé les questions accessibles, à condition de s’y préparer sérieusement. Néanmoins, il a trouvé les mises en situation plus compliquées, car elles nécessitent une compréhension approfondie des normes sociales et juridiques françaises.
Rita, une candidate libanaise en quête de naturalisation, a partagé son expérience, indiquant que le test était direct, bien que piégeur à certains moments. Elle a notamment relevé une question sur l’accueil des usagers des services publics en lien avec le port de symboles religieux, insistant sur le fait que la bonne réponse était de servir les usagers sans les questionner sur leurs signes religieux, conformément au principe de la laïcité en France.
Critiques et controverses autour du test civique
Alors que certains jugent le test équitable, d’autres dénoncent une difficulté excessive, en particulier pour ceux n’ayant pas bénéficié d’un enseignement scolaire approfondi dans leur pays d’origine. Leïla Marçot, à la tête de l’association Paroles voyageuses, a pointé du doigt certaines questions, comme celles portant sur l’appartenance littéraire de Victor Hugo, les jugeant éloignées de la réalité quotidienne des candidats. Elle estime que de telles questions risquent d’exclure ceux qui, malgré une intégration active en France, manquent de connaissances littéraires spécialisées.
Les associations soutenant les droits des étrangers suggèrent que le test devrait mieux prendre en compte le vécu des candidats. Elles soulignent que ces derniers, bien souvent engagés dans le monde du travail en France, n’ont pas toujours eu l’opportunité de recevoir une éducation qui leur permettrait de répondre à des questions de littérature française. Selon elles, ces questions doivent être revues pour ne pas désavantager un segment de la population déjà intégré à la vie sociale en France.