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Algérie : pourquoi le dollar flambe à 250 DA au marché noir

Le marché noir des devises en Algérie connaît une nouvelle poussée, avec un dollar américain qui franchit désormais le seuil symbolique des 250 dinars. Ce lundi 2 novembre 2026, au Square Port-Saïd, en plein cœur d’Alger, la devise américaine s’échange autour de ce niveau record. Le dollar canadien suit lui aussi la même dynamique haussière observée depuis plusieurs jours.

Le dollar américain grimpe à 250 DA sur le marché parallèle

Sur la place informelle des changes de la capitale, le billet vert affiche des sommets inédits. Les cotations relevées au célèbre Square indiquent que les 100 dollars américains se négocient entre 24 900 et 25 000 dinars. Cela revient à un taux situé entre 249 et 250 dinars pour une seule unité.

Cette flambée ne surgit pas du jour au lendemain. Elle s’inscrit dans une progression continue observée depuis plusieurs semaines sur le marché noir des devises. Au début de la semaine précédente, la coupure de 100 dollars s’échangeait encore autour de 24 500 dinars, soit un niveau sensiblement inférieur.

Le mouvement remonte au moins au début du mois d’octobre. À cette période, les mêmes 100 dollars valaient environ 24 200 dinars sur la place parisienne algéroise. En l’espace d’un mois à peine, la devise américaine a donc gagné près de 800 dinars face au dinar.

Une tendance ancrée au Square Port-Saïd

Ce point de change informel, surnommé simplement « le Square » par les habitués, constitue le baromètre officieux du marché parallèle. Les cours qui y sont pratiqués reflètent la pression croissante sur le billet vert. Cette évolution confirme la montée en puissance de la monnaie américaine face au dinar sur les circuits non officiels.

Le dollar canadien dépasse à son tour les 174 DA

La devise américaine n’est pas la seule à profiter de cette embellie. Le dollar canadien enregistre lui aussi une progression notable face à la monnaie nationale. Le 2 novembre, les 100 dollars canadiens atteignent près de 17 450 dinars à la vente sur le marché parallèle.

Ce montant correspond à un taux avoisinant les 174,5 dinars par unité. La hausse du huard reste toutefois plus mesurée sur la période récente. En début de semaine précédente, les mêmes 100 dollars canadiens s’échangeaient autour de 17 200 dinars sur la place d’Alger.

Sur une échelle de temps plus large, la progression apparaît encore plus nette. En juillet dernier, les 100 dollars canadiens se négociaient autour de 17 000 dinars, parfois même légèrement en deçà. Ces chiffres concernent exclusivement les cotations informelles et ne sauraient être confondus avec les taux officiels de la Banque d’Algérie.

Les importations automobiles au cœur de la flambée des devises

Pour expliquer cette envolée simultanée du dollar et du huard, les cambistes du Square avancent une raison bien précise. Selon eux, l’augmentation de la demande en devises nord-américaines serait étroitement liée à l’essor des importations de véhicules. Qu’il s’agisse de voitures neuves ou d’occasion, ce sont désormais les particuliers qui alimentent ce flux.

Plusieurs marchés d’approvisionnement sont régulièrement cités dans ce commerce automobile. La Chine, la Corée du Sud et certains États du Golfe figurent parmi les destinations privilégiées. Mais les États-Unis et le Canada suscitent de plus en plus d’intérêt chez les acheteurs algériens, notamment pour le segment de l’occasion.

Des prix nord-américains plus attractifs qu’en Europe

Les changeurs expliquent cette orientation par un simple calcul économique. Les tarifs pratiqués sur les deux marchés nord-américains se révèlent souvent plus avantageux que ceux proposés sur le Vieux Continent. Cette différence de prix pousse un nombre croissant de particuliers à rechercher activement des dollars américains ou canadiens.

Cette quête de devises vise à financer directement l’achat de véhicules à l’étranger. La conséquence est mécanique : une demande accrue exerce une pression continue sur les cours de ces deux monnaies. Les intervenants du marché noir soulignent que l’apparition de nouveaux circuits d’importation automobile tire inévitablement les prix vers le haut.

La tension sur le marché noir des devises en Algérie illustre une fois de plus le lien étroit entre besoins d’importation et fluctuations monétaires informelles. Tant que l’engouement pour les véhicules nord-américains persistera, le dollar et le huard pourraient poursuivre leur ascension face au dinar. Reste à savoir si les cours officiels et les circuits légaux parviendront à absorber cette demande grandissante.

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.

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