L’immigration en Europe continue de générer des chiffres impressionnants : en 2025, les États membres de l’Union européenne ont émis des centaines de milliers d’ordres de quitter le territoire à l’encontre d’étrangers en situation irrégulière. Les Algériens figurent en première ligne de ces décisions administratives, même si le passage de l’injonction à l’expulsion effective reste loin d’être automatique.
Immigration en Europe : près de 46 000 Algériens visés par un ordre de départ en 2025
Au cours de l’année 2025, 45 890 citoyens algériens se sont vu notifier un ordre de quitter le territoire d’un pays de l’Union européenne, d’après les données publiées par Eurostat et relayées ce dimanche 1er octobre 2026.
Ce volume place la communauté algérienne en tête des nationalités concernées par ces mesures d’éloignement. Les ressortissants marocains suivent avec 29 220 décisions, devant les Turcs, qui comptabilisent 24 780 notifications.
Derrière ce trio figurent les Syriens, avec 20 030 ordres de départ, puis les Afghans, concernés par 18 280 décisions. Globalement, l’UE a prononcé 491 950 injonctions à l’encontre de ressortissants de pays tiers en 2025, contre 464 985 un an plus tôt, soit une progression de 5,8 % sur douze mois.
OQTF : la France, championne européenne des décisions d’éloignement
Dans le détail par pays, la France domine très largement ce classement avec 137 550 ordres de quitter le territoire prononcés en 2025. À elle seule, elle concentre environ 28 % de l’ensemble des décisions enregistrées sur le continent.
L’Allemagne arrive en deuxième position avec 55 240 mesures, suivie de près par l’Espagne et ses 53 700 décisions. Ces données regroupent des migrants de toutes origines faisant l’objet d’une procédure d’expulsion.
En France, l’obligation de quitter le territoire français, plus connue sous l’acronyme OQTF, constitue une décision administrative. Elle peut être prononcée lorsqu’un étranger réside sans titre valide ou lorsqu’un renouvellement de séjour lui est refusé.
Cette mesure s’accompagne parfois d’un délai de départ volontaire, généralement de trente jours, mais elle peut aussi exiger un départ immédiat. L’intéressé conserve néanmoins la possibilité de déposer un recours pour contester la décision devant la justice.
Combien d’étrangers quittent réellement l’Europe après une injonction ?
Au total, 135 460 ressortissants de pays tiers ont effectivement quitté un pays de l’Union européenne en 2025 à la suite d’une décision d’éloignement. Un an auparavant, ils n’étaient que 112 040, ce qui traduit une hausse notable de 20,9 %.
Ce volume équivaut à 27,5 % des ordres de départ prononcés durant la même année. Il convient toutefois de nuancer ce ratio : certains retours concernent des décisions émises lors d’exercices antérieurs, et non uniquement en 2025.
Sur le plan des départs effectifs, l’Allemagne se distingue avec 29 295 retours vers des pays tiers. Elle devance la France, qui a comptabilisé 14 940 départs, et la Suède, avec 11 250.
Des écarts considérables d’un pays à l’autre
Le rapport entre les retours réalisés et les ordres délivrés révèle de fortes disparités entre États membres. La Suède affiche un taux de 61,3 % et l’Allemagne atteint 53 %.
À l’inverse, la France ne franchit la barre que de 10,9 %, tandis que l’Espagne reste à 10,6 %. Ces résultats illustrent la difficulté, pour certains pays, de concrétiser les mesures d’éloignement qu’ils prononcent.
Retours vers les pays tiers : quelles nationalités partent vraiment ?
Paradoxalement, les Algériens, qui trustent la première place des ordres de départ, ne figurent pas dans le top cinq des nationalités ayant réellement quitté l’UE en 2025.
D’après les chiffres d’Eurostat, les Turcs occupent la tête des retours effectifs avec 12 785 départs. Viennent ensuite les Géorgiens (10 330), les Syriens (8 265), les Albanais (7 970) et enfin les Russes (5 670).
Ces statistiques couvrent à la fois les départs volontaires et les éloignements forcés. Les contrastes relevés entre pays s’expliquent en grande partie par les procédures administratives, les recours judiciaires et les modalités d’organisation des expulsions.
Ces données confirment que les Algériens restent la nationalité la plus visée par les ordres de quitter le territoire au sein de l’Union européenne. L’écart persistant entre le nombre de décisions prononcées et les retours réellement exécutés met en lumière les limites concrètes des politiques migratoires appliquées sur le continent.

