Avec environ 3,9 millions de premiers titres de séjour accordés à des ressortissants extérieurs à l’Union en 2025, l’Europe franchit un seuil jamais atteint depuis le lancement du suivi statistique en 2008. Ce volume de premiers titres de séjour grimpe de 10,1 % en un an, soit 355 350 documents supplémentaires, d’après les relevés diffusés par Eurostat.
Cette progression porte exclusivement sur les premières délivrances, et non sur l’ensemble des renouvellements accordés chaque année. Elle n’implique pas pour autant que 3,9 millions de personnes ont découvert le continent pour la première fois en 2025.
La catégorie englobe en effet les individus recevant un premier document, mais aussi ceux qui en obtiennent un nouveau après une période d’interruption. Quant aux bénéficiaires d’une protection temporaire, comme les personnes déplacées d’Ukraine, ils font l’objet d’un décompte distinct.
L’emploi, moteur principal des titres de séjour accordés
Le travail s’impose comme la première raison de délivrance des premiers titres de séjour en 2025. Ce motif couvre près de 1,3 million de documents, soit 33,6 % de l’ensemble enregistré dans l’Union. Sur douze mois, cette composante bondit de 16,1 %.
Le regroupement familial occupe la deuxième marche avec 1,1 million de titres, représentant 28,1 % du total. Les autorisations liées aux études pèsent pour 15,5 %, correspondant à environ 600 000 délivrances sur l’année écoulée.
Reste la rubrique des « autres motifs », qui intègre notamment la protection internationale et rassemble 22,8 % des premiers titres. Fait notable, il s’agit du seul segment en légère contraction par rapport à 2024, avec un repli de 0,9 %.
L’Espagne domine le palmarès des pays délivreurs
L’Espagne se positionne au premier rang européen avec 635 438 premiers titres accordés, soit 16,5 % de l’ensemble continental. L’Allemagne la talonne de près avec 605 292 documents, devant la Pologne, l’Italie et la France.
Réunies, ces cinq destinations captent à elles seules 65,2 % des premières délivrances comptabilisées dans l’Union. Elles concentrent ainsi l’essentiel du flux de titres de séjour recensé sur le territoire européen.
Une lecture différente à l’aune de la population
Le classement se transforme radicalement lorsqu’on ramène les chiffres au nombre d’habitants. Malte culmine à 57 premiers titres pour 1 000 résidents, Chypre affiche 47 et le Portugal 27, tandis que la moyenne de l’Union s’établit à neuf pour 1 000 habitants.
Ces disparités illustrent des réalités nationales très contrastées. Elles ne s’interprètent pas de la même manière que les volumes bruts, et offrent un éclairage complémentaire sur la répartition des titres de séjour.
Ukrainiens, Indiens et Marocains dominent par nationalité
Classés par origine, les ressortissants ukrainiens arrivent en tête des bénéficiaires de premiers titres de séjour en 2025, avec environ 335 100 documents délivrés. Les citoyens indiens suivent avec 227 600 titres, puis les Marocains totalisent 202 100 autorisations.
Ces données annuelles ne doivent pas être confondues avec le stock total de titres en cours de validité. Fin 2025, les États membres recensaient 27,8 millions de titres de séjour actifs détenus par des ressortissants de pays tiers.
Au sein de ce réservoir global, les Marocains constituaient la communauté la plus représentée, devant les citoyens turcs et les Ukrainiens. Ce constat souligne l’ancrage durable de la présence marocaine dans l’espace européen.
Ce record des premiers titres de séjour traduit avant tout une hausse des autorisations accordées pour exercer un emploi, retrouver ses proches ou poursuivre des études. Mesurant uniquement les délivrances d’une année, cet indicateur ne reflète ni la totalité des mouvements migratoires vers l’Europe ni le nombre global d’étrangers qui y résident durablement.

