Une affaire d’escroquerie aux visas secoue la capitale algérienne, où une agence de voyages est accusée d’avoir piégé des dizaines de citoyens. Alertés par une série de plaintes, les services de sécurité ont déclenché une enquête qui a révélé un vaste stratagème reposant sur de fausses promesses de visas. Deux individus ont été interpellés et le préjudice financier se chiffre en milliards de centimes.
Les services de sûreté de la wilaya d’Alger ont annoncé l’arrestation de deux personnes soupçonnées d’avoir floué de nombreux clients en leur garantissant l’obtention de visas moyennant d’importantes sommes. Les deux suspects dirigeaient, selon les autorités, une agence de voyages implantée dans la capitale.
Cette affaire a été rendue publique le mardi 20 octobre 2026, par le biais d’un communiqué diffusé sur les canaux officiels de la police d’Alger. C’est la brigade de lutte contre la grande criminalité d’El Biar qui a pris en charge le dossier et mené les investigations.
Une escroquerie aux visas déguisée en démarches pour le Hadj et la Omra
D’après les éléments communiqués par la police, les responsables de l’agence proposaient à leurs clients des visas de courtoisie destinés à se rendre en Arabie saoudite. L’objectif affiché : permettre aux fidèles d’accomplir le Hadj et la Omra, deux rites très prisés.
En contrepartie de ces précieux sésames, les mis en cause réclamaient des montants élevés à chaque candidat au voyage. La promesse paraissait sérieuse et de nombreux Algériens ont accepté de verser les sommes demandées.
Mais les visas espérés ne sont jamais arrivés. Déçues et lésées, plusieurs victimes ont alors décidé de saisir les services de sécurité pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une arnaque organisée.
64 victimes et plus de 11 milliards de centimes de préjudice
Au fil des investigations, les enquêteurs ont pu dresser un bilan précis de cette escroquerie aux visas. Selon les chiffres avancés par la sûreté de la wilaya d’Alger, pas moins de 64 personnes auraient été flouées dans cette affaire.
Le montant total du préjudice financier a été évalué à 11 milliards et 365 millions de centimes. Cette somme correspond aux versements effectués par les plaignants, persuadés d’obtenir en retour les documents de voyage promis.
Le déclenchement de l’enquête
Tout a commencé avec le dépôt de plusieurs plaintes visant directement les responsables de l’établissement. Les signalants ont expliqué avoir réglé des montants conséquents dans le cadre de démarches censées aboutir à la délivrance de visas.
À partir de ces témoignages, les policiers ont lancé des recherches afin d’identifier les personnes impliquées, de les localiser et de rassembler les preuves nécessaires. L’ensemble de la procédure a été conduit en lien étroit avec le parquet compétent.
Deux suspects déférés devant la justice algéroise
Une fois les deux individus recherchés repérés, les forces de l’ordre ont procédé à leur interpellation. Les suspects ont ensuite été transférés vers les locaux du service chargé du dossier pour y être entendus.
Les auditions ont essentiellement porté sur les déclarations des victimes et sur le détail des sommes remises dans le cadre des fausses démarches de visas. Ces éléments ont permis de consolider le dossier à charge.
Au terme de la procédure, les deux mis en cause ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, où leur sort judiciaire sera déterminé.
Une vigilance accrue face aux arnaques aux visas en Algérie
Cette affaire illustre une fois de plus l’ampleur des fraudes liées aux documents de voyage dans le pays. Les escroqueries ciblant les candidats au pèlerinage se multiplient, profitant de l’empressement et de la confiance de nombreux fidèles.
Les autorités rappellent régulièrement l’importance de passer par des circuits agréés et de se méfier des offres trop alléchantes. Une vigilance renforcée demeure la meilleure protection contre ce type de tromperie organisée.
En attendant l’issue de la procédure judiciaire, cette affaire d’escroquerie aux visas met en lumière les failles exploitées par certains intermédiaires peu scrupuleux. Elle rappelle à chacun la nécessité de redoubler de prudence avant de confier son argent pour l’obtention d’un visa.


