À Nice, la question du titre de séjour des étrangers impliqués dans les récentes émeutes est désormais sur la table. Le préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, a annoncé un réexamen du droit au séjour de plusieurs ressortissants étrangers interpellés après les débordements et les pillages qui ont secoué la ville. Chaque dossier administratif fera l’objet d’une étude au cas par cas.
Selon les règles fixées par la loi, cette révision pourrait déboucher sur le retrait du document de séjour ou sur une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Interrogé sur les ondes d’ICI Azur le 19 octobre 2026, le représentant de l’État a confirmé qu’il engagerait des procédures visant les étrangers présents parmi les interpellés. Il a précisé qu’environ un tiers des personnes arrêtées n’étaient pas de nationalité française.
Un examen individuel des titres de séjour annoncé par la préfecture
Dans un communiqué diffusé le 19 octobre, puis mis à jour le lendemain, la préfecture des Alpes-Maritimes a réaffirmé que chaque situation serait analysée séparément. Des retraits de titres de séjour ou des mesures d’éloignement pourront être prononcés dès lors que le cadre légal le permet.
L’administration insiste notamment sur la notion de menace à l’ordre public, critère central pour justifier ce type de décision. Autrement dit, l’implication avérée d’un étranger dans les violences pourrait peser lourdement sur le renouvellement ou le maintien de son autorisation de résidence sur le sol français.
114 personnes interpellées en deux jours à Nice
Les chiffres communiqués font état de 114 interpellations réparties sur quarante-huit heures. Parmi ces personnes figurent 58 adultes et 56 mineurs. Au total, 110 individus ont été placés en garde à vue. Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a confirmé que ces gardés à vue avaient ensuite été présentés au parquet.
Les premières audiences ont déjà donné lieu à plusieurs condamnations. Quatre adultes ont écopé de peines de prison ferme assorties d’un mandat de dépôt. Un prévenu a bénéficié d’une relaxe. Trois autres personnes ont été placées en détention provisoire, tandis que trois autres restent sous contrôle judiciaire en attendant leur procès.
La situation particulière des mineurs
Du côté des plus jeunes, 22 mineurs ont comparu devant une juridiction spécialisée. Pour deux d’entre eux, âgés de plus de 16 ans et déjà connus de la justice, le parquet a réclamé un placement en détention provisoire. Il convient de rappeler qu’une réquisition ne préjuge pas de la décision finale du tribunal.
De son côté, le maire de Nice, Éric Ciotti, a approuvé l’initiative préfectorale dans un message posté sur le réseau social X le 19 octobre. L’élu a présenté ces mesures administratives comme un prolongement utile des sanctions pénales frappant les auteurs de dégradations et de pillages.
Couvre-feu pour les mineurs et interdiction des mortiers
Après la résurgence d’incidents observés le dimanche 18 octobre, les autorités locales ont durci le dispositif sécuritaire dans plusieurs quartiers du centre de Nice. Un couvre-feu visant spécifiquement les mineurs a été décrété, valable de 21 heures à 6 heures du matin, et maintenu jusqu’au 25 octobre dans les secteurs concernés.
La préfecture a par ailleurs prohibé, jusqu’à cette même date et à partir de 23 heures, le port, le transport et l’utilisation de mortiers d’artifice. Cette interdiction s’étend également à certains produits inflammables et objets susceptibles de servir lors de troubles sur la voie publique.
Le préfet a enfin dressé un bilan humain au sein des forces de l’ordre : douze policiers ont été blessés durant les affrontements. Selon lui, l’éparpillement des groupes à travers différents secteurs a nettement compliqué les opérations d’intervention des équipes déployées sur le terrain.
Entre poursuites judiciaires, remise en cause des titres de séjour et renforcement du dispositif policier, Nice conjugue plusieurs leviers pour répondre à ces épisodes de violences urbaines. L’issue des examens administratifs annoncés par la préfecture dira dans quelle mesure ces décisions se traduiront concrètement pour les étrangers mis en cause.
Source : ObservAlgerie

